GRIAULE MARCEL (1898-1956)

 « Marcel Griaule effectua de nombreux voyages d’étude en Afrique, notamment en Abyssinie, au Soudan français, au Tchad et en Oubangui-Chari. Il organisa et dirigea, à la tête d’une importante équipe, la mission Dakar-Djibouti (1931-1933), traversée qui permit d’accumuler une très vaste documentation ethnographique.

Il fut le précurseur, en France, d’une nouvelle méthode d’enquête fondée en premier lieu sur l’observation exhaustive et continue d’une même population, ensuite sur l’analyse des systèmes de représentations élaborés par celle-ci pour rendre compte de son propre fonctionnement. Il consacra lui-même l’essentiel de ses efforts à l’étude intensive des Dogons des falaises de Bandiagara, dans la boucle du Niger, dont il chercha à restituer méthodiquement la pensée cosmologique et le savoir religieux.

Griaule fut titulaire, à partir de 1942, de la première chaire d’ethnologie à la Sorbonne. Il fut conseiller de l’Union française dès la fondation de celle-ci en 1946. Il a publié notamment : Les Flambeurs d’hommes, Paris, 1934 ; Jeux Dogons, Paris, 1938 ; Masques Dogons, ibid. ; Dieu d’eau, entretiens avec Ogotemmêli , Paris, 1948, rééd. 1966 ; «L’Alliance cathartique», in Africa, vol. XIX, Londres, 1948 ; «Remarques sur l’oncle utérin au Soudan», in Cahiers internationaux de sociologie, vol. XVI, Paris, 1954 ; Méthode de l’ethnographie , Paris, 1957 ; (avec Germaine Dieterlen) Le Renard pâle, t. I, Le Mythe cosmogonique , Paris, 1965 (la création du monde selon les Dogons). »*

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« Dieu d’eau » est l’ouvrage par lequel il faut aborder son oeuvre. C’est à la fois l’observation de la Vie des Dogons et l’écoute attentive d’un vieux sage.

Dans cette civilisation, toute la transmission s’effectue oralement, les anciens sont les conservateurs et les transmetteurs, comme il l’étaient encore en occident, il y a moins d’un siècle à l’époque ou la civilisation était majoritairement agraire.

Marcel Griaule fut le contraire d’un ethnologue en chambre et, il eut l’intelligence modeste de rapporter fidèlement ce qu’il découvrait.

Ayant demandé à plusieurs Dogons, des précisions sur leur cosmogonie, il nous ont toujours renvoyés à Griaule et l’un d’eux était fort mécontent que la France ait ramené son corps, il lui ont élevé un mausolée.

C. G. le 11 avril 1997