La Bagavad-Gîta

 

 

(Le Chant du Seigneur)

Traduction du Sanscrit par Anna Kamensky, éditions J.B. Janin, Paris, 1947, 1 volume 11,5 x 18 cm de 224 pages.

 

Ce livre est un épisode du Mahabarata, œuvre dont il n’existe qu'une traduction ancienne en 10 volumes. Il n'est guère accessible sans le résumé de Georges Dumézil (dans le premier volume de Mythe et Epopée. Le lecteur trouvera ailleurs toute les études historiques et les exégèses qu'il désire sur le sujet. Le but de cette note n'est pas de faire oeuvre d'érudition, simplement d'attirer l'attention sur ce qui est considéré comme un traté de chevalerie spirituelle. Les traductions Françaises de la Gîta sont nombreuses (1)et j'ai choisi l'une des plus anciennes et aussi des plus difficiles à scanner pour la seule raison qu'elle m'a paru la meilleure. Elle est en effet la seule qui utilise souvent le mot juste tout en étant de lecture agréable. La traductrice a pris soin de noter les divergences entre sa traduction et celles qui étaient parues à l'époque. Pour cette raison les notes sont précieuses à ceux qui désirent, sanskritisants ou non, (c'est mon cas) se rapprocher du texte original.

C'est un traité de la Voie de l'Action. Il démontre, IL FAUT Y INSISTER ! que la Connaissance doit précéder toute action, qui sans elle, dans le moins mauvais des cas, ne serait que vaine agitation.(2) On peut de ce fait le considérer comme un livre de chevalerie. 

Ce livre mal interprété peut, il est vrai, justifier les pires excès.Doit-on pour autant condamner les Evangiles parce qu’au nom de leur message d'amour, les hommes continuent à s'égorger? Un proverbe chinois déclare « aussi large est la face, aussi large est le dos », c'est notre "revers de la médaille".

S'il n'est de livre véritablement sacré que celui de la Nature, il existe dans toutes les véritables civilisations, dans la littérature et dans l'art des joyaux intemporels et universels et la Gîta est l'un d'eux

Merci à l'ami Roger D. qui a corrigé ce texte et ajouté quelques réflexions. 

C. G. le 17-11-95

 

Quelques commentaires par Roger D. 

(1) On peut citer, entre autres, le traduction de Shri Aurobindo ainsi que celle de A C Bhaktivedanta Swami Prabhupada fondateur de l’Association Internationale pour la Conscience de Krishna à laquelle est empruntée l’image de la page de titre. Notons que si cette association , mieux connue sous le nom de « Haré Krishna » a malheureusement tourné à la secte, elle a une origine authentiquement traditionnelle. Contrairement aux sectes fabriquées de toutes pièces par des « illuminés » ou ; pire, par des escrocs.

(2 De même, la voie de l’Amour, sans la connaissance risque de n’être que vain sentimentalisme !

   

 

 

LA BHAGAVAD GÎTA

Le Chant du Seigneur

 

 

PREMIER DIALOGUE

 

LE DÉSESPOIR D'ARJUNA

 

DHRITARASHTRA (1) dit: 

1SUR le champ de Dharma, le saint champ de Kuru (2), mes hommes et les fils de Pandu se sont assemblés, brulant de combattre. Que firent-ils, ô Sanjaya? (3)SANJAYA dit .

2AYANT vu alignée l'armée des Pândavas (5), le roi Duryodlhana (4) s'approcha de son précepteur (6) et dit:

3- O Maître, vois la puissante armée des fils de Pandu, rangée par le fils de Drupada, (7) ton sage disciple.

 4.- LES puissants archers sont des héros, égaux dans le combat à Bhima (8) et Arjuna; Yuyudhana, Virâta et Drupata, sur son grand char(9).

 5 - DHRISHTAKETU, Tchekitâna et le vaillant roi de Kashi; Purujit et Kuntibhoja, et Caïvya, taureau parmi les hommes.

 6.- YUDHAMANYU, le puissant, et Uttamaujâ le vaillant, Soudhadra et les fils et petits-fils de Draupadi, tous sur de grands chars (10).

 7CONNAIS aussi les meilleurs de nos chefs, ô toi, le plus grand des deux fois- nés, connais les chefs de mon armée: Je vais te les nommer, afin que tu puisses les reconnaître: 

8TOI, Seigneur, et Bhîshma(11) et Karna et Kripa(13), qui remportent les victoires; shvatthama (13a), Vikarna (13b), et aussi le fils de Saumadatta;

 

9ET beaucoup d'autres héros, prets à donner leur vie pour moi, differemment armés et tous maîtres dans l'art du combat.

 10NOTRE armée, quoique commandée par Bhîshma, semble insuffisante, tandis que la leur, commandée par Bhîma, parait illimitée.

 11.PAR conséquent, vous tcnant alignés selon vos divisions respectives, vous tous, ô grands chefs, gardez Bhîshma.

 12.ALORS pour l'encourager, l'ainé des Kurus, le vénérable aïeul (14) sonna de son cor qui retentit comme le rugissement du lion.

 13.AUSSITÔT en reponse résonnèrent les conques (15) et les tambours, les cors et les trompettes, et ce fut un tumulte immense.

 14ALORS, debout sur leur grand char de guerre, attelé à des coursiers blancs, Madhava (16) et le fils de Pandu (17) sonnèrent aussi de leurs cors divins.

 15HRICHIKESHA sonna de son Pantchajanya et Dhananjaya de son Devadatta. Vrikodara(19), terrible dans les hauts faits, sonna de son cor Paundra.

 16LE roi Youdishthira, le fils de Kunti, sonna de son Anantavijaya; et Nakula et Sahadéva sonnèrent des leurs (20).

 7ET le roi de Kashi, le grand archer, et Shikhandi. le grand conducteur du char, Drishtadyuma et Virata, et Satyaki, l'inconquérable.

 18.DRUPADA et ses fils, ô Seigneur de la terre, et Saubhadra, le puissament armé, de tous côtés sonnèrent de leurs conques.

 19.CE rugissement terrible fit frémir le cœur des fils de Dritarashtra, remplissant de tonnerres la terre et le ciel.

 20ALORS, voyant les fils de Dritarashtra, alignés et prets à faire pleuvoir leurs flèches, le fils de Pandu, sur l'étendard duquel est dessiné le singe, leva son arc.

 21.IL adressa ces paroles à Hrishlkesha, ô Seigneur de la terre: « Au milieu des deux armées arrête mon char, ô Achiyuta (21),

 22.AFIN que je puisse voir les alignés, brûlant de combattre, avec lesquels je dois me mesurer dans cette guerre qui s'allume.

 23ET que je voie tous ceux qui se sont rassemblés prêts à combattre, pour le plaisir du méchant fils de Dhritarçashtra."

 SANJAYA dit:

 24A ces paroles de Gudakesha(22) Bharata(23), Hrishîkesha, arrêta le plus magnifique des chars au milieu des deux armées.

 25ET en vue de Bhîshma, Drona et de tous les princes de la terre, il dit: " ô Pârtha (24), regarde ces Kurus, qui se sont rassemblés ici !"

 26.ET alors Partha vit les oncles et les grands-pères, les précepteurs, les frères des mères, les cousins, les fils, les petits-fils et aussi les camarades.

 27.LES beaux-pères et les amis, face à face dans les deux armées. En voyant tous ces parents alignés, le fils dc Kunti.

 28.PROFONDÉMENT ému par la pitié et plein de douleur, Arjuna, dit: « ô Krishna,en voyant dans les rangs mes parents brûlant de combattre,

 29.MES jambes fléchissent et ma bouche se desséche, et mon corps frémit et mes cheveux se dressent sur ma tête.

 30GANDIVA (25) s'échappe de mes mains et ma peau est en feu; je n'ai pas la force de me tenir debout et ma raison se trouble.

 31.ET je vois des signes néfastes, ô Keshava (26), et je ne prévois aucun bien de ce combat fraticide;

 32.CAR, ô Krishna, je ne désire à ce prix ni victoire, ni royaume, ni plaisirs; à quoi peuvent nous servir, ô Govinda(27), le royaume, les jouissances et même la vie ?

 33.CEUX pour lesquels nous désirons le royaume, les jouissances et les plaisirs, sont alignés ici pour le combat, renonçant à la vie et à leurs biens.

 34LES précepteurs, les pères, les fils et les grand-pères, les oncles, les beau-pères, les gendres et les parents.

 35.JE ne voudrais pas les tuer, ô Madhusudana (28), même si cela devait me rendre souverain des trois mondes; comment donc puis-je m'y résoudre pour régner sur terre?

 36.QUELLE satisfactlon pouvons-nous avoir, ô Djanardana (29), en tuant ces fils de Dritarashtra? Si nous tuons ces rebelles, nous commettrons un grand peché.

 37.EN vérité nous ne devons pas tuer les fils de Dhritarashtra, nos parents; comment serions-nous heureux, après avoir tué nos parents, ô Madhava (30).

 38.SI, la raison troub]ée par la cupidité, ils ne voient pas le crime de la destruction de la famille, ni le péché de l'hostilité envers les amis,

 39.POURQOI nous, qui voyons le mal de la destruction de la famille, pourquoi ne pas nous abstenir d'un tel péché ?

 40DANS la destruction de la famille périssent ses traditions immémoriales (31); et quand les traditions périssent, toute la famille perd le sens du devoir(32).

 41.QUAND le devoir tombe dans l'oubli, les femmes se corrompent, ô Krishna ! et quand les femmes se corrompent ô Varshneya (33), alors nàit la confusion des castes;

 42.CETTE confusion conduit à l'enfer les destructeurs de la famille et la famille elle-même; car les ancêtres, privés d'offrandes et de libations tombent dans l'oubli (34). 

43.PAR les péchés de ces destructeurs de famille, qui ont causé la confusion des castes, les coutumes des castes et celles dc la famille sont anéanties.

 44.CEUX dont les coutumes familiales sont détruites, ô Janardana, descendent dans l'enfer. C'est ainsi que nous l'avons entendu dire.

 45.HÉLAS ! nous allons commettre grand péché, nous qui, par désir du royaume et des jouissances, sommes prêts à tuer nos parents rebelles.

 46.SI les fils de Dhritarashtra, les armes à la main, allaient me tuer dans la bataiIle, moi, qui ne veux pas résister et qui suis sans défense, ce serait mieux pour moi.

 SANJAYA dit:

47.AYANT ainsi parlé sur le champ de bataille, Arjuna, le cœur percé de douleur, retomba sur le siège de son char et jeta loin de lui l'arc et la flèche.

 Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta bénie, la science de l'Eternel, l'écrit du Yoga, le premier dialogue, entre Shrl Krishna et Arjuna intitulé: LE DÉSESPOIR D'ARJUNA

 

 

 

   DEUXIEME DIALOGUE

 

LE YOGA SELON LE SANKHYA

 

SANJAYA dit:

1LE voyant ainsi saisi d'angoisse et de pitié, les yeux pleins de larmes, Madhusûdana lui adressa ces paroles:

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 2D'où te vient, Arjuna, en cette heure de danger ce honteux découragement indigne d'un Aryen, et fermant les portes du ciel ?

 3NE te laisse pas aller au découragement, ô Pârtha . Cela ne te sied pas secoue cette honteuse faiblesse de ton cœur! Relève-toi, Parantapa(36) !

 4COMMENT puis-je ô Madhusûdana, comment puis-je dans le combat diriger mes flèches contre Bhîshma et Drona, dignes de révérence ?

 5MIEUX vaudrait en ce monde se nourrir d'aumônes que de tuer ces vénérables instructeurs. Tuer ces Gurus, qui nous ont comblés de bienfaits, ce serait pour moi prendre part à un festin sanglant.

 6ET je ne sais ce qui vaut mieux: les vaincre ou être vaincu par les fils de Dhritarâshtra, dont la mort nous ôterait toute envie de vire.

 7SAISI d'angoisse, je ne vois plus mon devoir (37). Je te demande de me dire résolument ce qui est le meilleur. Je suis ton disciple qui te supplie, instruis-moi.

 8SI je parvenais à régner sans rival sur la terre entière ou même si j'avais le pouvoir souverain sur les radieux Suras (38) l'angoisse qui me dévore, ne saurait être chassée de mon cœur.

 SANJAYA dit

 9GUDAKESHA le vainqueur des ennemis ayant ainsi parlé à Hrishlkesha(39), et ayant dit à Govinda (40): « Je ne combattrai point », devint silencieux.

 10ALORS Hrishîkesha semblant sourire, ô Bhârata, adressa ces paroles au héros désespéré qui se trouvait au milieu des deux armées:

 Le SEIGNEUR BENI dit:

11.TU pleures sur ceux, sur lesquels il ne faut pas pleurer (41), et pourtant tu profères des paroles qui semblent sages. Les sages ne pleurent ni sur les morts, ni sur les vivants.

 12.En vérité, il n'a pas été de temps, auquel je n'aie pas été ou toi, ou ces princes des hommes ? et jamais en vérité nous ne cesserons d'être(42).

 13.DE même que l'habitant du corps passe, tant qu'il est dans le corps, par l'enfance, la jeunesse et la vieillesse, de même il passe dans un autre corps

 14.O fils de Kuntî, les contacts de la matière(44), donnant froid et chaud, plaisir et peine, viennent et vont impermanents. Supporte-les bravement ô Bhârata !

 15O chef des hommes (45), celui qu'ils ne tourmentent pas, équilibré (46) dans la peine et le plaisir, ferme, est mûr pour l'immortalité.

 16.L'IRRÉEL n'a pas d'existence, le réel ne cesse jamais d'exister(47). Cette vérité finale a été perçue par ceux qui voient l'essence des choses.

 17SACHE que Cela dont la vie pénètre tout, est impérissable, et que personne ne peut détruire cet Unique Impérisable (48).

 18.L'ETRE incarné est éternel, indestructible, infini(49), mais ses corps sont temporaires. Combats donc, ô Bharata.

 19.CELUI qui croit qu'il peut tuer et celui qui croit qu'il peut être tué, tous deux sont ignorants. Il ne peut ni tuer, ni être tué.

 20IL ne naît ni ne meurt. Ayant été, il ne peut plus cesser d'être. Non-né, permanent, éternel, ancien, il n'est pas détruit, quand le corps est tué (50).

 21.CELUI qui sait qu'il est indestructible, permanent, sans commencement et sans déclin, cet homme peut-il commettre un meurtre ou en être la cause, ô Partha ?

 22.DE même qu'un homme jette des vêtements l'être incarné jette les corps usés et entre dans de nouveaux corps.

23LES armes ne peuvent le percer, ni le feu le brûler, ni les eaux le mouiller, ni le vent le sécher.

 24.IL ne peut être ni percé, ni brûlé, ni mouillé, ni séché; il est permanent, il pénètre tout, il est stable, immuable, ancien (52).

 25.IL se nomme le non-manifesté, l'inconcevable, l'immuable; le sachant tel, tu ne dois donc pas t'affliger.

 26MEME si tu penses à lui, comme à celui qui naît et meurt constamment ô toi puissamment armé, même alors tu ne dois pas t'affliger.

 27.CAR, en vérité, la mort est certaine pour celui qui naît, la naissance est certaine pour celui qui meurt. L'inévitable ne doit pas t'affliger.

 28LES êtres sont non-manifestés à l'origine, manifestés dans l'état intermédiaire et de nouveau non-manifestés après la dissolution(53), Pourquoi donc se lamenter (54) ?

29.L'UN le regarde comme un miracle (55); un autre en parle, comme d'un miracle; un troisième en ouït dire, comme d'un miracle. Et cependant, en ayant ouï dire, personne ne le connaît, en vérité(56).

 30 CELUI qui habite le corps, ô Bharata, est toujours invulnérable; tu ne dois donc t'affliger pour aucune des créatures.

 31.ET ayant compris ton dharma!(57), tu ne dois pas trembler, Arjuna; en vérité, pour un Kshattrya, il n'y a rien de plus désirable qu'un juste combat.

 32.HEUREUX les Kshattryas, ô Partlla, qui obtiennent un tel combat, leur ouvrant d'une façon inattendue les portes du ciel !

 33.MAIS si tu ne veux pas entreprendre ce juste combat, alors, jetant au vent ton devoir et ton honneur, tu commettras un péché.

 34.LES hommes conteront à perpétuité ton déshonneur, et pour un homme d'honneur, le déshonneur est pire que la mort.

 35LES grands guerriers conduisant les chars, croiront que tu as eu peur et as fui du champ de bataille, et toi qu'ils avaient tant vénéré, ils vont te mépriser.

 36.BEAUCOUP de paroles indignes et insultantes pour ta bravoure (58) seront proférées par tes ennemis; que peut-il y avoir de plus douloureux(59),?

 37TU tu obtiendras le ciel; victorieux, tu jouiras de la terre. Relève-toi donc, ô fils de Kuntî, résolu à combattre.

 38AYANT reconnu comme égaux le plaisir et la souffrance, le gain et la perte, la victoire et la défaite, prépare-toi pour le combat; ainsi tu ne commettras pas de péché.

 39.CET enseignement t'est donné selon le Sankhya(60); entends-le a présent selon le Yoga. T'étant pénétré de cette sagesse, ô Partha, tu briseras les chaînes du Karma (61).

 40.EN cela il n'y a ni effort, ni transgression; même un peu de cette connaissance protège d'une grande souffrance(62).

 41.LA raison déterminée est concentrée sur un seul objet, ô joie des Kurus! Les pensées de l'irrésolu se ramifient à l'infini (63).

 42.LA parole fleurie est l'apanage des sots, qui se réjouissent dans la lettre des Vedas, ô Pârtha, et qui disent: « Hors de là point de salut » (64).

 43.PLEINS de désirs pour le soi, se faisant du ciel un but, ils voient dans la naissance le fruit des actions et prescrivent des cérémonies variées pour obtenir les plaisirs et le pouvoir

 44.CEUX qui s'attachent aux jouissances et aux pouvoirs et dont le mental est captivé par cet enseignement ne sont pas en possession de la raison déterminée(66), fermêment fixée sur la contemplation

 45.LES Védas nous parlent des trois attributs; libère-toi des gunas, ô Arjuna, sois par-delà les paires d'opposés, toujours constant dans la pureté, indifférent aux possessions, plein du Soi (68).

 46.DE même qu'un étang devient inutile dans un pays inondé par les eaux; de même les Védas sont inutiles à un Brahmane illuminé (69).

 47C'EST l'action seule qui te concerne, jamais ses fruits. Que le fruit de l'action ne soit donc jamais ton motif, et qu'à l'inaction non plus tu ne sois jamais attaché.

 48.O Dhanàn jaya, accomplis l'action dans l'union avec le Divin, renonçant à l'attachement et stable dans le succès et l'insuccès: L'équilibre s'appelle Yoga (70).

 49.DE beaucoup inférieure au Yoga du discernement est l'action, ô Dhananjaya. Prends refuge dans la raison pure (71). Dignes de pitié sont ceux qui travaillent pour obtenir le fruit.

 50.QUAND on est uni à la Raison pure, on abandonne toute action bonne ou mauvaise(72). Consacre-toi donc au Yoga; le Yoga est l'art dans l'action (73.).

51LES sages, unis à la Pure Raison(74), renoncent au fruit, et, libres du joug des naissances, ils s'élèvent dans la région bienheureuse.

 52.QUAND ton mental aura échappé au filet de l'illusion, tu éprouveras en vérité l'indifférence pour ce qui a été entendu et ce qui sera entendu encore(75).

 53QUAND ta Raison confondue par les textes des Saintes Écritures (Shruti), se sera fixée immuabIe sur la contemplation, alors tu atteindras le Yoga(76).

 ARJUNA dit:

 54.A quoi reconnait-on celui qui est stable d'esprit (77) et ferme dans la contemplation, ô Keshava? Comment parle-t-il, celui dont la raison est devenue stable? Comment s'assied-il et comment marche-t-il ?

 LE SEIGNEUR BÉNI répondit:

 55QUAND un homme abandonne, ô Partha, tous les désirs de son cœur, et qu'il est satisfait dans le Soi par le Soi(78), alors on l'appelle « l'homme au mental stable ».

 56.CELUI dont le mental n'est pas agité dans la souffrance et reste détaché au milieu des jouissances, celui qui est libre du désir, de la crainte et de la colère, celui-là est appelé « un sage au mental stable »(79).

 57.L' INTELLIGENCE (80) de celui qui est entièrement détaché et qui, obtenant l'agréable ou le désagréable, ne se réjouit, ni ne s'afflige, cette intelligence est bien établie.

 58.QUAND, pareil à la tortue, qui rentre tous ses membres, il détache ses sens des objets des sens, alors sa compréhension est bien établie.

 59.LES objets des sens, mais non le désir pour eux, se détournent de l'abstinent habitant du corps, et ce reste de désir aussi l'abandonne, quand il a vu le Suprême.

 60.Ô fils de Kunti, les sens excités entraînent impétueusement même la raison du sage qui combat (pour les conquérir).

 61.LES ayant tous vaincus, il doit s'asseoir éqilibré, pour méditer sur Moi (87) car quand les sens sont maîtrisés, l'intelligence est bien équilibrée.

 62EN pensant aux objets des sens, l'homme commence à s'y attacher l'attachement naît le désir et du désir naît la colère;

 63.DE la colère vient l'erreur, de l'erreur une confusion de la mémoire; de cette confusion vient la destruction de la raison; quand cette destruction a lieu, l'homme périt. 

64.MAIS le soi harmonisé(82), qui se meut au milieu des objets des sens, sans éprouver d'attrait et de répulsion, maîtrisé par le Soi Divin, acquiert la Paix.

65.DANS cet état de paix se produit l'extinction de toute souffrance, car si le mental est paisible(83), la Raison atteint bientôt l'équilibre.

 66.POUR le non-discipliné il n'y a pas de Raison pure(84) ; et il ne peut y avoir de méditation; sans méditation il n'y a pas de paix, et sans paix peut-il y avoir du bonheur ?

 67.LE mental entraîné par l'affolement des sens, perd dans le tumulte toute compréhension (85) et ressemble au vaisseau chassé sur les vagues (86) par la tempête.

 68.C'EST pourquoi, ô puisamment armé, celui dont les sens ne sont pas au pouvoir des objets des sens, celui-là a la compréhension bien établie (87).

 69.CE qui est nuit pour tous les êtres c'est le temps de veille pour le sage, quand les autres êtres veillent, c'est la nuit pour le sage voyant (88).

 70CELUI qui reste immuable au milieu des désirs, comme l'océan reste calme quand les rivières se déversent dans son sein, celui-là obtient la paix, et non celui qui désire les désirs (89).

 71CELUI qui, abanlonnant tous les désirs, vit(90), libre de toute entrave personnelle et de tout égoïsme (9l), celui-là obtient (92) la paix.

 72.TEL est l'état de Brahman, ô fils de Prithâ. Pour celui qui l'a atteint, il n'est plus de doute (93). Même s'il l'atteint à l'heure de la mort, il va au Nirvâna de l'Eternel (94). 

TEL est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîtâ bénie, la science de l'Éternel, l'écrit du Yoga, le deuxième dialogue entre Krishna et Arjuna intitulé: LE YOGA SELON LE SANKHYA

 

 

 TROISIEME DIALOGUE

 

YOGA DE L'ACTION

 

ARJUNA dit:

 1SI tu penses que la sagesse(95) est supérieure à l'action, ô Janardana, pourquoi me pousses-tu à cette terrible action? O Keshava ? 

2.PAR ces paroles contradictoires (96) tu troubles mon entendement; dis-moi clairement comment je puis le plus sûrement atteindre mon but ,(97).

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 3.EN ce monde il y a une double voie, comme je te l'ai déjà dit, ô toi qui as cessé de pécher(98): celle du Yoga par la connaissance et celle du Yoga par l'action (99).

 4.L'HOMME n'obtient pas la liberté, en renonçant à l'action, et par le renoncement seul il n'arrive pas à la perfection.

 5.PERSONNE ne peut en vérité rester même un instant dans un état d'inaction, car l'homme est obligé malgré lui de prendre part à l'action, par la force des qualités innées (100).

 6.CELUI qui maîtrisant les organes des sens, pense aux objets des « sens », cet homme au mental troublé est un hypocrite (101).

 7.MAIS celui qui par le mental devenu maître des sens, Arjuna, commence, libre de tout attachement le Karma-Yoga, celui-là en vérité est un yogi qui aura du succès(102).

 8.ACCOMPLIS donc l'action juste, car l'action est meilleure que l'inaction. Si tu étais inactif, même le pèlerinage de ton corps ne pourrait pas s'effectuer (103)

 9.LE monde est enchalné par l'action, si l'action nest pas accomplie au nom du sacrifice; ô fils de Kuntl, accomplis donc l'action dans cet esprit de sacrifice, libre de toute attache.

 10.PAR un acte de sacrifice ayant dans les anciens temps émané l'humanité, le Seigneur de l'émanation (104) dit: Par ceci (le sacrifice) vous vous multiplierez, que ceci soit pour vous la source des désirs.

 11 PAR le sacrifice nourrissez les Dévas et que les Dévas à leur tour vous nourrissent ! Ainsi, vous nourrissant mutuellement, vous atteindrez le bien suprême. »

 12 CAR nourris par le sacrifice, les Dévas vous enverront ce que vous désirez. En vérité, celui qui ne répond pas par des dons aux dons qu'il a reçus, est un voleur

 13.LES justes, qui se nourissent des restes des sacrifices, son libérés des péchés; mais ceux qui ne penses qu'à jouir égoïstement de leurs repas se nourrissent de péché (105)

14.DE la nourriture naissent les créatures; de la pluie provient la nourriture; le sacrifice engendre la pluie ; de l'action naît le sacrifice.

 15SACHE que c'est de Brahma que naît l'action et que Brahma vient de l'Eternel (106). L'Éternel qui pénètre tout est donc toujours présent dans le sacrifice.

 16.CELUI qui ne suit pas le mouvement de la roue (I07), celui qui vit dans le péché et se réjouit dans les sens ô fils de Pritha, vit en vain.

 17.MAIS celui qui trouve sa joie dans le Soi, satisfait du Soi et content seulement par le Soi, celui-là en vérité, n'a plus rien à faire ici-bas (108).

 18.NI l'action, ni l'inaction ne le concernent plus ici-bas, il ne dépend plus d'aucun être au monde.

 19.PAR conséquent, sois détaché et accomplis l'action qui est ton devoir, car, en accomplissant l'action sans attachement, l'homme obtient le Suprême (109).

 20.JANAKA (110) et d'autres ont atteint en vérité par l'action, la perfection. Tâche d'agir en te rappelant que ton but est le service du monde.

 21.CE que fait un grand homme, d'autres hommes le font aussi; le monde suit son exemple.

 22.IL n'est rien dans les trois mondes, ô Partha, qui me reste à accomplir où a atteindre, et cependant Je prends part à l'action

 23.CAR si Je ne prenais pas une part constante dans l'action, ô Partha, les hommes se mettraient partout à suivre mes pas (111)

 24CES mondes seraient détruis, si Je n'accomplissais pas l'action. Je serais cause de la confusion des castes et de l'anéantissement des créatures.

 25DE même que l'ignorant agit par attachement à l'action, ô Bârata, de même le sage doit agir sans attachement, dans le seul but d'aider le monde.

 26.LE sage ne doit pas troubler la raison des ignorants, attachés à l'action ; mais agissant dans l'union avec Moi, il doit rendre toute action attrayante.(112)

 27.TOUTES les actions ne sont accomplies que par les qualités (113) de la nature . Le soi, trompé par l'égoïsme pense : « c'est moi qui agis ! »

 28.MAIS celui, ô puissamment armé, qui sait l'essence de la division des qualités et des fonctions, et qui se rappellent que: « les gunas se meuvent au milieu des gunas », celui-là est libre de toute entrave.

 29.TROMPES par les gunas, les hommes s'attachent aux fonctions des qualités. L'homme parfait en savoir ne doit pas troubler celui dont le savoir est imparfait.

 30.ME consacrant toutes les actions, et concentrant toutes les pensées sur le Soi suprême (114), libre de tout espoir et d'égoïsme, guéri de la fièvre mentale, jette-toi dans le combat.

31.CEUX qui suivent constamment mon enseignement, pleins de foi et sans malice, ceux-là aussi sont affranchis des actes (115).

 32.MAIS ceux qui narguent mon enseignement et ne le suivent pas, sache que ceux-là, dénués de raison et de connaissance, sont voués à la destruction.

 33.MÊME le sage agit conformément à sa nature: toutes les créatures suivent leur nature. A quoi bon faire violence ?

 34.L' ATTRACTION et l'aversion pour les objets des sens ont lcur racine dans les sens; ne te laisse pas influencer par ces deux, ce sont les entraves du sentier(116).

 35.NOTRE propre devoir, si humble qu'il soit, vaut mieux que le devoir d'un autre parfaitement accompli. il vaut mieux mourir en accomplissant son propre dcvoir. Le dharma d'un autre est plein de danger.

 ARJUNA demanda

36.MAIS qu'est-ce qui pousse l'homme au péché bien malgré lui, ô Varshneya(118), comme s'il y était contraint de force ?

 LE SEIGNEUR BÉNI dit

37C'EST le désir, c'est la colère né de rajas (118), elle dévore et envenime tout. Sache que c'est là notre ennemi sur terre.

 38. DE même que la flamme est enveloppée de fumée, de même que le miroir est recouvert de poussière, de même qu'un embryon est entouré de l'amnion, de même Ceci est enveloppé par Cela (119)

 

39.LA sagesse est enveloppée par ce constant ennemi du sage, sous forme du désir, insatiable comme la flamme.

 40.IL a son siège dans les sens l'intellect raison, et avec leur aide voilant la sagesse, il confond celui qui habite le corps (120).

 41.C' EST pourquoi, ô le meilleu des Bhâratas, commence par maîtriser les sens et tue le péché, qui detruit la sagesse et la connaissance.

 42IL est dit que les sens sont grands; plus grand que les sens est l'intellect; plus grande que l'intellect est la Raison pure; mais, en vérité, plus grand que la Raison est Lui (121).

 43.L'AYANT donc reconnu comme étant plus grand que la Raison et ayant harmonisé le Soi par le Soi Divin, ô puissamment armé, tue l'ennemi dans la forme du désir, difficile à surmonter.

 Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta bénie, la science de l'Éternel, l'écrit du Yoga, le troisième dialogue entre Krishna et Arjuna, intitulé: LE YOGA DE L'ACTION.

 

 

  QUATRIEME DIALOGUE

 

LE YOGA DE LA SAGESSE

 

LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 1.J'AI déclaré ce Yoga impérissable à Vivasvat; Vivasvat l'a enseigné à Manu; Manu l'a passé à Ikshvaku (122).

 2.C'EST ainsi que par succession, les rois-sages(l23) l'ont obtenu. Mais avec le temps, ce Yoga est tombé dans l'oubli sur terre, ô Parantapa !

 3.C'EST ce même antique Yoga que je t'ai révélé aujourd'hui, car tu es Mon disciple dévoué (l24) et mon ami; c'est là, en vérité le secret du suprême.

 ARJUNA dit

 4.TU es né plus tard, Vivasvat est né plus tôt; comment dois-je donc comprendre que tu l'as révélé à l'origine (125) ?

 LE SEIGNEUR BÉNI dit

 5.BIEN des naissances ont eu lieu pour moi dans le passé (126), et beaucoup des tiennes, ô Arjuna ! Je les connais toutes, mais tu ne connais pas les tiennes, ô Parantapa !

 6.QUOIQUE Je sois non-né, le Soi Suprême impérissable, et que je sois aussi le Seigneur de tous les êtres, ombrageant la nature, qui est Mienne aussi, Je prends naissance par mon propre Pouvoir(127).

 7.EN vérité quand le devoir tombe en désuétude, ô Bharata, et que c'est le péché (128) qui devient maître souverain, alors Je parais Moi.

 8.POUR la protection des bons, pour la destruction de ceux qui font le mal, pour le rétablissement ferme de Dharma, Je renais de siècle en siècIe (129).

 9.CELUI qui connaît ainsi Ma naissance et Mon activité divines dans leur essence (l30) Celui-là en quittant le corps ne va plus renaître, il vient à Moi, Arjuna !

 10.LIBRES de la passion, de la crainte et de la colère, pleins de Moi, cherchant en Moi leur refuge, purifiés dans le feu de la sagesse, beaucoup sont entrés en Mon Etre (131).

 11.COMME les hommes viennent à Moi, de même Moi aussi Je vais au-devant d'eux, car de quelque coté qu'ils entrent sur la voie, c'est aussi Ma Voie, ô Pârtha (132).

 12.CEUX qui aspirent au succès dans l'action, sacrifient ici-bas aux Etres radieux(l33). Car dans le court espace du monde humain, le succès naît du Karma.

 13.PAR la différente distribution des qualités et des actions J'ai créé les 4 castes; sache que c'est Moi leur auteur, quoique Je n'agisse pas et que Je sois intarissable (134).

 14.LES actions ne m'affectent pas et Je ne désire pas leur fruit. Celui qui Me connaît Tel, n'est pas lié par les actions.

 15.C'EST ainsi que nos ancêtres, qui aspiraient à la délivrance, ont toujours accompli l'action; accomplis donc toi aussi l'action, comme les anciens l'accomplissaient.

 16.QU'EST l'action ? Qu'est l'inaction ? Même les sages en sont troublés. C'est pourquoi Je vais te déclarer ce qu'est l'action; en le sachant, tu seras libéré du mal.

 17.IL est nécessaire d'apprendre à connaître l'action et à discerner ce qu'est l'action injuste et ce qu'est l'inaction. Mystérieux est le chemin de l'action(l35).

 18.CELUI qui peut voir l'inaction dans l'action et l'action dans l'inaction, celui-là est sage parmi les hommes; il reste harmonieux (136) alors même qu'il accomplit l'action.

 19.CELUI dont les entreprises sont libres des imaginations du désir et dont les actions sont consumées dans la flamme de la sagesse, celui-là est considéré par les sages comme un sage (137).

 20.CELUI qui abandonnant tout attachement au fruit de l'action, est toujours content et ne cherche appui (138) nulle part, celui-là n'agit pas, lors même qu'il accomplit une action.

 21.SANS désir, maître de son mental et de lui-même, ayant abandonné toute convoitise, il n'accomplit plus l'action que physiquement(139) et il ne commet pas de péché.

 22.CONTENT de tout ce qu il obtient naturellement, libre de la paire des opposés (140), sans envie, le même dans le succès et dans l'échec, il n'est pas lié, lors même qu'il agit. 

23.POUR le mukti(l41), qui est sans attachement, dont le mental réside dans la sagesse et dont toute action est sacrifice, le Karma (142) se dissout entièrement.

24L'ÉTERNEL qui est l'offrande, l'Éternel qui est la libation, sont offerts par l'Éternel au feu de l'Éternel (143).

 

25.CERTAINS Yogîs font leur offrande aux Dévas; d'autres ne font leur offrande, qu'en sacrifiant au feu de l'Éternel.

 26.QUELQUES-UNS sacrifient l'ouïe et les autres sens dans les feux du renoncement; d'autres le son et d'autres objets, dans les feux des sens.

 27.D'AUTRES encore sacrifient au feu de l'union, réalisée (144) par la sagesse et obtenue par la maîtrise de soi, toutes les fonctions des sens et les fonctions de lavie.

 28.LES anachorètes et les ascètes(l45) font leur offrande, en faisant le sacrifice de leurs biens, de l'austérité, du Yoga, de l'étude(146), et de la sagesse.

 29.D'AUTRES, sacrifient le souffle de vie, en réglant le courant de l'expiration et de l'inspiration, et s'adonnant à l'exercice du pranayama (147).

 30.D'AUTRES, sobres dans leur nourriture, sacrifient leur souffle de vie au souffle vital. Tous ceux-là connaissent le sacrifice, et, par le sacrifice, ils détruisent leurs péchés (148) .

 31.EN se nourrissant de cette ambroisie qui forme les restes du sacrifice, ils s'unissent à l'immuable Éternel (l49). Ce monde n'est pas pour celui qui ne sacrifie pas; d'autant plus l'autre monde, ô le meilleur des Kurus!

 32MULTIPLES et variés sont les sacrifices offerts à l'Éternel. Apprends qu'ils sont tous nés de l'action. L'ayant appris, tu seras délivré.

 33.MEILLEUR que tout sacrifice extérieur est le sacrifice de la sagesse, ô Parantapa !

Toutes les actions, dans leur totalité, ô Pârtha, culminent dans la sagesse (150).

 34.APPRENDS cela par l'obéissance (15l), par l’application (152) et le service. Les sages, les voyants, qui voient l'essence des choses, t'instruiront en sagesse.

 35.ET ayant appris cela, tu ne retomberas plus dans la confusion, ô Pandava; car tu verras tous les êtres sans exception dans le Soi, et ainsi en Moi (153).

 36.SI tu étais même le plus grand des pécheurs, tu traverseras la mer du péché dans la nef de la sagesse (154).

 37.DE même que le feu dévorant réduit le combustible en cendres, ô Ajuna, de même le feu de la sagesse réduit toutes les actions en cendres(155).

 38.EN vérté, en ce monde rien ne purifie comme la sagesse; celui qui est parfait dans le Yoga, trouve en son temps la sagesse dans le Soi (156).

 39.CELUI qui est plein de foi, et maître des sens, obtient la sagesse; l'ayant acquise, il atteint bientôt la Paix Suprême (157).

 40.MAIS l'ignorant, privé de foi et plein de doute, va à la destruction(158). Pour le soi qui doute il n'y a ni ce monde, ni l'autre, ni aucune félicité.

 41.CELUI qui par le Yoga a renoncé à l'action, qui par la sagesse a tranché le doute, ô Dhananjaya, celui-là n'est pas lié par les actions(159).

 42.TRANCHE donc avec le glaive de la sagesse du Soi (130) ce doute qui est né de l'ignorance et qui s'est glissé dans ton cœur, sois ferme dans le Yoga. Relève-toi, ô Bhârata!

 TEL est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta, bénie, la science de l'Éternel, l'écrit du Yoga, le quatrième dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, intitulé LE YOGA DE LA SAGESSE

 

 

 

  CINQUIEME DIALOGUE

 

LE YOGA DU RENONCEMENT A L'ACTION

 

ARJUNA dit:

1.Ô Krishna, tu loues le renoncement l'action, et aussi le Yoga. Lequel des deux est le meilleur ? Dis-le moi d'une façon définit .

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 2.LE renoncement et le Yoga par l'action conduisent tous deux à la félicité suprême; mais des deux le Yoga est le meilleur.

 

3.RECONNAIS un constant ascète (161) en celui qui ne hait, ni ne désire; libre de la paire des opposés, ô puissamment armé, il est aisément délivré du servage.

 4.CE sont les enfants et non les sages, qui croient que le Sankhya et le Yoga sont différents (162); celui qui est bien établi dans l'un, obtient les fruits des deux.

 5CE qu'obtiennent les adeptes du Sânkhya, les Yoguis l'obtiennent de même. Qui voit que le Sanhkya et le Yoga sont un, voit juste.

 6.MAIS sans le Yoga, ô puissamment armé, il est difficile d'atteindre le renoncement; le sage (163) harmonisé par le Yoga s'achemine rapidement vers l'Éternel.

 7CELUI qui est harmonisé par le Yoga, dont le soi est purifié, dont les sens sont maîtrisés, qui est régi par le Soi, dont le Soi est devenu le Soi de tous les êtres, elui-là n'est pas affecté, lors même qu'il agit (164).

 8.« JE ne fais rien », doit penser celui qui est harmonisé et qui connaît l'essence des choses; en voyant, en entendant, en sentant, en mangeant, en se mouvant, en dormant, en respirant.

 9.EN parlant, en donnant, en prenant, en ouvrant et en fermant les yeux, il affirme: « les sens se meuvent au milieu des objets des sens »

 10CELUI qui agit en dédiant toutes les actions à l'Eternel, et en abandonnant tout attachement, celui-là n'est pas troublé par le péché, de même qu'un pétale de lotus n'est pas affecté par les eaux (165).

 11.ABANDONNANT tout attachement, les yogîs accomplissent l'action par le corps, l'intellect (166), la Raison, et même par les sens, pour la purification de soi (167)

 12.L'HOMME harmonisé, qui a abandonné le fruit de l'action, obtient la Paix suprême: le non-harmonisé, poussé par les désirs et attaché au fruit, demeure enchaîné.

 13RENONÇANT mentalement à toute action, le maître souverain du corps (168) reste serein dans la cité aux neuf portes(l69), sans agir et sans causer d'action.

 14.LE Seigneur du monde ne crée(170) ni agent, ni action, ni union de l'action avec ses fruits; et cependant, la nature se manifeste.

 15.LE Seigneur n'accepte ni le péché, ni la vertu d'aucun. La sagesse est enveloppée de non-sagesse; c'est ce qui trompe les mortels (171).

 16.EN vérité, celui en qui la non-sagesse est détruite par la sagesse du Soi, en celui-là la sagesse, pareille au soleil, révèle, en rayonnant, le Suprême (172).

 17.PENSANT à Cela, plongés en Cela, établis en Cela, dédiés seulement à Cela, ils vont là, d'où l'on ne revient pas; leurs péchés sont détruits par la sagesse (131.

 18.LES sages regardent avec la même sérénité un brahmane couronné de savoir et d'humilité, une vache, un éléphant, et même un chien ou celui qui mange un chien.

 19MEME ici-bas tout est surmonté par ceux dont le mental reste équilibré(174) l'Éternel est pur et immuable; c'est pourquoi ils vivent dans l'Éternel.

 20.QUE celui dont la Raison (175) ferme et calme (176), connaît l'Eternel et vit dans l'Éternel, ne se réjouisse pas en obtenant l'agréable et ne s'attriste pas en obtenant le désagréable.

 21.CELUI qui, non attaché aux contacts extérieurs (177), trouve sa joie dans le Soi, celui-là ayant par le Yoga uni le Soi à l'Éternel, jouit d'un bonheur inaltérable.

 22.LES jouissances qui naissent du contact, ne sont en vérité que des sources de douleur, car elles ont un commencement et une fin, ô Kauntéya! (178) ce n'est pas en elles que le sage va trouver sa joie.

 23.CELUI qui, ici-bas, peut avant d'être délivré de son corps, résister à la force née du désir et de la passion, celui-là est un homme harmonisé, un homme heureux (179).

 24.CELUI qui a trouvé au-dedans de lui la joie intérieure, heureux et illuminé de l'intérieur, ce yogî, devenant l'Éternel, atteint la paix suprême de l'Éternel (180)

 25.LES sages (181) qui ont détruit leurs péchés, affranchis de leur dualité, maîtres de leur soi, et n'aspirant qu'au bien de tous, ceux-là obtiennent la Paix de l'Éternel (182).

 26. DE la Paix de l'Eternel s'approchent ceux qui se connaissent, qui se sont affranchis du désir et de la passion, qui sont maîtres d'eux-mêmes et de leurs pensées.

 27 AYANT exclu tout contact extérieur et le regard fixé sur le point entre les sourcils; ayant réglé le souffle inspirateur et expirateur qui se meut dans les narines.

 28.MAITRE des sens, du mental et de la Raison (l83), le sage qui ne poursuit que la libération, et que le désir, la crainte et la passion ont quitté pour toujours, celui-là, en vérité, est libéré.

 29AYANT appris à Me connaître comme Celui qui se nourrit de sacrifice et d'austérité, le Seigneur Tout-puissant de l'univers, l'Ami de toutes les créatures (184),il obtient la Paix.

 Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta bénie, la science de l'Éternel, l'écrit du Yoga, le cinquième dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, intitulé: LE YOGA DU RENONCEMENT A L'ACTION.

 

 

 

  SIXIEME DIALOGUE

LE YOGA DE LA MAITRISE DE SOI

 

LE SEIGNEUR BÉNI dit

1CELUI qui accomplit l'action qui est un devoir, sans penser au fruit est un ascète, celui-là est un Yogî et non celui qui est sans feu et sans rites

 2SACHE, ô Pandava, que ce que l'on appelle renoncement est en vérité le Yoga. Celui qui n'a pas renoncé à l'imagination du désir, ne peut pas devenir un Yogî.

 3POUR le sage qui cherche le Yoga, l'action est considerée comme le moyen, pour le même sage, lorsqu'il est devenu parfait dans le Yoga, c'est la sérénité qui est devenue le moyen (186)

 4.LORSQUE l'homme ne sent plus d'attachement ni pour les objets des sens, ni pour les actions, ayant complètement renoncé aux imaginations du désir (187), c'est alors qu'on le dit parfait dans le yoga.

 5LAISSE ton Soi relever le soi et ne permets pas au soi de désespérer, car, en vérité, le Soi est l'ami du soi, mais il est aussi son ennemi (188).

 6.LE Soi est l'ami du soi de celui, en qui le soi est vaincu par le Soi; mais pour celui dont le soi n'est pas soumis, le Soi devient en vérité hostile, comme un ennemi.

 7.LE Soi supérieur de celui qui est devenu maître de soi et paisible, est toujours le même dans le froid et le chaud, le plaisir et la peine, aussi bien que dans l'honneur et le déshonneur (189).

 8LORSQUE le Yogî est satsifait de sagesse et de savoir, lorsqu'il est inébranlable, que ses sens sont conquis et qu'une motte de terre, une pierre ou de l'or sont la même chose pour lui, il est nommé un Yogî harmonisé

 9.CELUI qui regarde avec la même impartialité (190) ses bien-aimés, ses amis et ses ennemis, les inconus et les indifférents, les étrangers et les proches, et aussi les bons et les méchants, celui-là dépasse les autres dans le Yoga

 10QUE le Yogî s'exerce constamment dans le Yoga qu'il recherche pour cela un lieu solitaire, et, maître de ses pensées, et du soi, libre de tout espoir ou dési,rqu'il s'adonne au Yoga

 11.DANS un lieu pur, établi fermêment sur un siège ni trop haut ni trop bas formé de trois couches consécutives d'un drap, de la peau d'une antilope noire et de l'herbe Kusha (19l).

 12.ET assis sur ce siège, son mental concentré sur un seul point, ayant maîtrisé sa pensée ses sens et ses fonctions, qu'il se livre au Yoga pour la purification du soi. (192). 

13.ETANT droits et immobiles le corps, la tête et le cou, regardant d'un regard impassible, la pointe de son nez (193).

14.E soi apaisé, sans crainte, ferme dans le serment du Brahmachari (194), le mental maîtrisé la pensée dirigée sur Moi, harmonisé, qu'il médite sur Moi.

 15,ANSI le yogî toujours équilibré et uni au Soi, le mental maîtrisé, obtient la Paix, et la félicité suprêmes qui résident , en Moi.

 16.EN vérité, le Yoga n'est pas pour celui qui mange trop ou qui s'abstient à 1'excès ni pour celui qui s'adonne trop au sommeil ou même qui veille trop longtemp ô Arjuna!

 17.LE Yoga tue toutes souffrance pour celui qui est régulier dans la nourriture et la récréation, régulier dans ses activités, régulier dans le sommeil et la veille.

 18.QUAND sa pensée maîtrisée, sans désir pour les objets des désirs, est fixée sur le Soi, alors on dit de lui qu'il est harmonisé

 19.PAREIL à une lampe placée dans un lieu abrité (du vent) et dont la flamme ne vacille point, tel devient le Yogî, absorbé dans le Yoga du Soi.

 20.CE en quoi le mental apaisé par la pratique du Yoga, trouve son repos; ce en quoi, ayant vu le Soi par le Soi, il est content dans le Soi (195).

 21.CE en quoi il trouve cette joie suprême que la raison peut saisir par-delà les sens, et où, bien établi, il ne perd pas de vue la Réalité.

 22.DONT la conquête fait paraître peu de chose tout autre gain; si bien qu'il n'est plus ébranlé même par une grande douleur (196).

 23.SACHE que c'est cela le Yoga, cette délivrance de la souffrance. Il faut s'adonner à ce Yoga avec une volonté ferme.

 24.ON doit abandonner sans réserve tous les désirs nés de l'imagination, et ayant dompté la totalité des sens.

25IL faut gagner peu à peu la tranquillité au moyen de la Raison, maîtrisée par la volonté (197); ayant obligé le mental à demeurer dans le Soi, il ne faut plus penser à autre chose.

 26.CHAQUE fois que le mental instable et inconstant cherche à s'échapper, reprends-le toujours fermêment en main et ramène-le constamment au Soi (198).

 27.SUPREME est la joie du Yogi dont le mental est calme et dont les sens sont maîtrisés; il ne commet plus de péché et devient pareil au Brahman.

 28.LE YOGI, qui s'exerce toujours ainsi à harmoniser le soi, se libère du péché et jouit aisément de la félicité suprême du contact avec l'Éternel.

 29.CELUI dont le soi est harmonisé par le Yoga, voit le Soi dans toutes les créatures et tous les êtres dans le Soi. Partout il voit de même.

 30JAMAIS Je n'abandonnerai celui qui Me voit partout et voit tout en Moi; et lui, non plus, ne perdra plus jamais le lien avec Moi(199 !.

 31.CELUI qui, parvenu à l'unité, M'adore Moi qui demeure dans toutes les créatures, ce yogî vit en Moi, quel que soit son mode de vie (200).

 32.CELUI qui par l identité du Soi (201) ô, Arjuna, voit partout la même chose, que ce soit plaisir ou peine, celui-là est considéré comme un yogî parfait.

 ARJUNA dit: 

33.CE Yoga que tu as déclaré comme étant connu par l'identité, ô Madhusûdana, je ne lui vois pas de base stable, grâce à l'inconstance (202).

 34.CAR l'intellect (203) est très agitée, ô Krishna, il est impétueux, fort et rebelle. Il semble aussi difficile à dompter(204) qu'il est difficile d'arrêter le vent.

 I,E SEIGNEUR BÉNI dit:

 35.SANS doute, ô puissamment armé(205) le mental est difficile à soumettre et inconstant; mais il peut être dompté par l'effort constant et par le détachement.

 36.LE Yoga, certes est difficile à atteindre pour celui dont le soi n'est pas dompté, mais pour celui qui est maître de soi, soumis au Soi, il peut être atteint par l'énergie bien dirigée(206).

 ARJUNA demanda:

 37.ET celui qui ne s'est pas maîtrisé, mais qui est plein de foi, dont le mental s'écarte sans cesse du Yoga, et qui ne peut atteindre la perfection dans le Yoga, quel chemin suit-il ô Krishna?

 38.AYANT manqué dans ses efforts, instable et tombé de la voie de l'Eternel, est-ce qu'il est détruit, pareil à un nuage déchiré, ô puissamment armé?

39DAIGNE ô Krishna, dissiper complètement ce doute de mon cœur; car il est certain que personne, sauf Toi, ne peut le faire.

 LE SEIGNEUR BÉNI dit :

40Ô fils de Pritha, ni en ce monde, ni dans l'autre, il n'y a de destruction pour lui; en vérité celui qui s'efforce de faire le bien, n'est pas voué au chemin du mal.(207)

 41.AYANT obtenu les mondes des justes et y étant demeurés des âges infinis, celui qui est tombé du Yoga renaît dans une maison pure et bénie.

 42.OU mieux encore il peut renaître dans une famille de sages Yogîs, mais une telle naissance est très difficile à obtenir en ce monde.

 43.LA, il recouvre ce qu'il avait déjà atteint par ses efforts dans son corps précédent et, fort de cela, il s'efforce de nouveau d'atteindre la perfection, ô joie des Kurus.

 44.PAR les efforts de sa vie passée, il est entraîné irrésistiblement. En vérité, même celui qui ne fait que désirer connaître le Yoga, et celui qui le cherche, tous deux vont au-delà des Védas (108).

 45.MAIS le yogî qui persévère (109), purifié du péché, se perfectionnant à travers de nombreuses naissances, atteint le but suprême.

 46.LE yogî est plus grand que l'ascète; il est même supérieur au sage (210); le yogî est plus grand que l'homme d'action : deviens donc un yogî, ô Arjuna.

 47.ET de tous les yogîs Je tiens pour le plus parfait (211) celui qui plein de foi, demeure toujours en Moi et M'adore(212).

 Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta bénie, la science de l'Eternel, l'écrit du Yoga, le sixième dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, intitulé: LE YOGA DE LA MÂITRISE DU SOI

 

 

 

  SEPTIEME DIALOGUE 

LE YOGA DE LA CONNAISSANCE

 

LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 1Écoute, ô Partha, comment tu Me connaîtras en vérité entièrement (213). quand ta pensée sera concentrée sur Moi, que tu pratiqueras le Yoga et que tu seras réfugié en Moi,

 2.JE vais te révéler le savoir et la sagesse(214) dans toute leur plénitude; les connaissant, il n'y a plus rien à connaitre.

 3.PARMI des milliers d'hommes un seul peut-être s'efforce d'arriver à la perfection; de ceux dont les efforts sont couronnés de succès, il en est peut-être un seul qui Me connaisse dans l'essence (215).

 4.LA terre, l'eau, le feu, l'éther, l'intellect, la raison et l'égotisme,(216) aussi, telle est la division octuple de Ma nature (217).

 5.C'EST Ma nature inférieure. Connais Mon autre nature, la nature superieure qui est l'élément-vie (218) puissamment armé, qui supporte l'univers.

 6 SACHE que c'est la matrice de tous les êtres. Je suis la source, d'où naît tout l'univers et où il se dissout.

 7IL n'est rien qui Me surpasse, ô Dhanânjaya, tout est lié à Moi, comme les rangs de perles sont liés au fil (219).

 8.DANS l'eau, Je suis le goût, ô fils de Kuntî, Je suis la lumière dans la lune et le soleil; la Parole du Pouvoir dans tous les Védas (210), le son dans l'éther, et la virilité dans les hommes;

 9JE suis le pur arôme de la terre et la splendeur dans le feu; Je suis la vie dans tous les êres et l'austérité dans les ascètes.

 l0.CONNAIS-MOI, ô Partha, comme la semence éternelle de tous les êtres, Je suis la Raison (221) des êtres pensants et la splendeur de toutes les choses splendides.

11.JE suis la force des forts, affranchie du désir et de la passion. Dans les créatures Je suis le désir qui n'est pas contraire au devoir (221) Seigneur des Bharatas.

 12.SACHE que toutes les natures (223), harmonieuses, actives et paresseuses viennent de Moi. Ce n'est pas Moi qui suis en elles, mais ce sont elles qui sont en Moi . 

13.TOUT ce monde, trompé par ces trois natures, formées par les gunas, ne Me connaît pas, l'Impérissable (224).

 14.EN vérité, cette divine illusion Mienne, causée par les qualités, est difficile à pénétrer; ceux qui viennent à Moi la surmontent (225).

 15.CEUX qui font le mal, les ignorants, les plus bas des hommes, ne viennent pas à Moi; leur sagesse est détruite par l'illusion et ils prennent refuge dans la nature des démons.

 16.QUATRE espèces de gens (226) M'adorent, ô Arjuna; ceux qui souffrent, ceux qui cherchent la connaissance, ceux qui cherchent leur salut personnel et les sages, ô Seigneur des Bharata$.

 17.C'EST le sage constamment harmonisé, adorant l'Unique, qui est le plus parfait. En vérité, Je suis suprêmêment cher au sage et il M'est cher aussi (227).

 18.NOBLES sont-ils tous, mais Je tiens le sage comme étant en vérité Moi-même uni au Soi (229); i1 est concentré sur Moi, la Voie suprême.

 19A la fin de beaucoup de naissances, l'homme plein de sagesse vient à Moi. « Vâsudéva est tout », dit la grande âme, rare à trouver.

 20CEUX dont la sagesse a été détruite par les désirs vont à d'autres Dévas, et s'adonnent à diverses pratiques extérieures, conformes à lcur nature.

 21.MAIS quelle que soit la forme de la foi du fidèle sincère, c'est Moi qui affermis en vérité sa foi (230).

 22.CELUI qui a une telle foi obtient ce qu'il désire (231), mais c'est de Moi, en vérité, qu'il l'obtient.

 23.MAIS, en vérité, fugitif de peu de durée est le fruit qu'obtiennent ceux qui ont peu d'intelligence(232). Les adorateurs des Dévas vont aux Dévas, mais ceux qui Me sont fidèles viennent à Moi.

 24.CEUX qui sont privés de sagesse pensent à Moi, le non-manifesté, comme au manifesté, car ils ne connaissent pas Ma suprême nature, impérissable, parfaite(233).

 25.ENVELOPPÉ de l'illusion que Je produis (234), Je ne suis pas connu de tous. Le monde aveugle ne Me connaît pas, le Non-né, l'Impérissable.

 26.MOI, Je connais les êtres passés, présents et futurs, ô Arjuna, mais personne ne Me connaît.

 27.DE l'illusion de la dualité(235), née du désir et de la répulsion, ô Bharata, tous les êtres de la création deviennent sujets à l'illusion, ô Parantapa.

 28MAIS les hommes qui ont cessé de pécher et dont les actions sont pures, ceux-là libres de l'illusion (236) et fidèles à leurs vœux, M'adorent.

 29.CEUX qui, réfugiés en Moi, aspirent à la délivrance de la vieillesse (237) et de la mort, ceux-là connaissent l'Éternel, la science complète du Soi (238) et toute action.

 30.CEUX qui Me connaissent dans Mes rapports avec les Éléments, les Dévas et le Sacrifice, ceux-là, harmonisés mentalement, Me connaîtront, en vérité, à l'heure du départ(239).

 Tel est, dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gitâ bénie, le septième dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, intitulé: LE YOGA DE LA CONNAISSANCE (240)

 

 

  HUITIEME DIALOGUE 

LE YOGA DE L'INDESTRUCTIBLE SUPREME ÉTERNEL

 

ARJUNA dit:

1.QU'EST-ce que ce Brahman? qu'est la connaissance du Soi(241), qu'est l'action, ô Purushottama (242)? et qu'est-ce qu'on nomme la connaissance des Éléments et celle des Dieux ?

 2.QU'EST la connaissance du Sacrifce et comment l'acquiert-on en ce corps, ô Madhusudana? Et comment, à l'heure du départ, Te fais-tu connaître à celui qui est maître de soi?

 LE SEIGNEUR BENI dit:

3.L'INDESTRUCTIBLE et le Suprême est Brahman. Sa nature essentielle se nomme la connaissance du Soi; l'émanation qui cause la naissance des êtres s'appelle Action.

 4.LA connaissance des Éléments concerne la nature transitoire et la connaissance des Etres Radieux concerne l'énergie spirituelle qui donne la vie. La connaissance du Sacrifice Me dépeint comme celui qui revêt le corps, ô le meilleur des vivants!

 5ET celui qui, à l'heure du départ, ne pense qu'à Moi seul, celui-là, sans aucun doute, entre en mon être.

 6.vers celui auquel on pense en quittant son corps que l'on va, ô fils de Kuntî, comme vers celui qui nous est le plus conforme de par sa nature(243)

 7.PENSE donc à Moi constamment et combats; ayant concentré ton mental et ta Raison sur Moi, tu viendras à Moi sûrement.

 8.QUAND le mental controlé et équilibré par la pratique du Yoga demeure dans un état constant de méditation, ô Pârtha, l'homme atteint l'Esprit suprême et divin.

 9.CELUI qui pense à l'ancien, l'Omniscient, le Seigneur de l'univers, à celui qui est plus ténu que l'infiniment petit, à Celui qui est le support de tout, dont la forme est inconcevable, rayonnant pareil au soleil par delà les ténébres(244).

 l0.CELUI qui, à l'heure du départ, le mental équilibré et concentré dans la dévotion par le pouvoir du Yoga, concentre son souflle de vie dans le centre entre les sourcils; celui-là s'en va vers cet Esprit suprême et divin.

 11JE vais te révéler brièvement la voie que ceux qui connaissent les Védas déclarent indestructible, que suivent ceux qui sont maîtres d'eux-mêmes, libres de toute passion, cette voie que l'on ne peut prendre sans prononcer les vœux de chasteté (245),

 12.TOUTES portes (246) closes, l'intellect maîtrisé et descendu dans le cœur, le souflle de Vie fixé dans la tête, concentré dans le Yoga.

 13.SI le yogî quitte le corps en cet état, récitant le mot sacré monosyllabique « Aum »(247), en pensant à Moi, alors il s'achemine vers la Voie suprême.

 14.CELUI qui pense constamment à Moi, ne pensant à rien d'autre, celui-là complètement harmonisé par le Yoga, vient à Moi aisément, ô Partha.

 15.ÉTANT venues à Moi, ces grandes âmes ne retournent plus à la naissance en ces lieux éphémères de la souffrance, car elles ont atteint la perfection suprême.

 16.LES mondes, en commençant par celui de Brahmâ, naissent et cessent d'exister, ô Arjuna; mais celui qui vient à Moi, ô Kaunteya, celui-là ne connaît plus les renaissances.

 17CELUI qui connaît le jour de Brahmâ, qui dure mille ages(247), et la nuit de Brahma, qui dure aussi mille ages, celui-là connaît le jour et la nuit.

 18.A la venue du jour, tout ce qui est manifesté nait du non-manifesté; à la tombée de la nuit, le manifesté se dissout en Cela, qui est le non-manifesté.

 19.CETTE multitude d'êtres, qui apparaissent régu lièrement, disparaissent à la tombée de la Nuit. Au lever du Jour, ils reparaissent de nouveau, selon la loi, ô Partha.

 20.IL existe donc, en vérité, supérieur à ce non-manifesté, un autre non-manifesté, éternel, qui n'est pas détruit, quand tous les êtres sont détruits.

 21.CE non-manifesté est nommé l'Indestructible. Il s'appelle « La Voie suprême ». Ceux qui l'atteignent ne reviennent plus. C'est Ma demeure suprême.

 22.LUI, l'Esprit suprême (249), ô Pârtha, peut être atteint par une dévotion exclusive, Lui, en qui tous les êtres demeurent et par qui est manifesté tout Ceci (250).

 23.CE temps, auquel les yogîs partent pour ne plus revenir et aussi celui auquel, partis, ils reviennent, Je vais te le déclarer, ô prince des Bharatas!

 24.SI les yogîs s'en vont au temps du feu, de la lumière, durant la phase claire de la lune, durant les six mois de la marche du soleil vers le Nord, ces yogîs connaissant l'Éternel, vont à l'Éternel.

 25.SI le yogî s'en va dans la fumée, durant la phase obscure de la lune et aussi pendant les six mois où le soleil s'achemine vers le Sud, ce yogî, obtenant la lumière de la lune (251), revient

 26.LUMIERE et ténèbres, telles sont les deux voies éternelles du monde; celui qui ne revient plus, suit l'une; celui qui revient, suit l'autre(252).

 27.CONNAISSANT ces deux voies, ô Partha, le yogî ;n'est pas troublé. Sois donc toujours ferme dans le Yoga, ô Arjuna !

 28.AYANT appris tout cela, le yogî ne cherche plus le fruit des actions méritoires liées dans les Védas aux sacrifices, aux austérités et aux aumônes, car, ayant la connaissance, il s'en libère et va vers la demeure suprême et ancienne.

 Tel est dans les glorieuses Upanishads la Bhagavad-Gîtâ bénie, la Science de l'Éternel, l'écrit du Yoga, le huitième Dialogue entreKrishna et Arjuna, intitulé: LE YOGA DE L'INDESTRUCTIBLE SUPRÊME ETERNEL

 

 

  NEUVIEME DIALOGUE 

LE YOGA DE LA SCIENCE ROYALE ET DU MYSTERE SUPREME

 

LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 1.A Toi, qui es pur (253) Je vais te révéler le Mystère Suprême, la Sagesse unie au savoir, qui te délivrera du péché.

 2.C'EST la Science royale, le Mystère royal, le Purificateur Suprême (254), révélé au juste par l'intuition et le Dharma, facile à pratiquer, impérissable.

 3.LES hommes sans foi en cette science, ô Parantapa, ne Me trouvent pas et retournent aux voies de ce monde mortel (255).

 4.CE monde est pénétré de Moi, en mon aspect non-manifesté (256); tous les êtres ont leur racine en Moi, Je n'ai pas racine en eux.

 5ET même en Moi les êtres n'ont pas racine; vois Mon Yoga souverain! Tout en supportant les êtres, Je n'ai pas racine en eux, Mon Soi est leur source(257).

 6.DE même qu'un vent puissant qui se meut partout a sa racine dans l'éther (258), de même, sache-le, tous les êtres ont leur racine en Moi.

 7.A la fin du Kalpa(259) tous les êtres, ô fils de Kuntî, entrent dans ma nature inférieure; à l'aube du Kalpa nouveau, Je les émane de nouveau.

 8AU moyen de Ma Nature, J'émane de nouveau cette multitude d'êtres impuissants, par la force de Prakriti.

 9ET ces actions, ô Dhananjaya, ne me lient pas, car Je demeure en dehors d'elles, détaché de toute action.

 10SOUS Ma direction, la Nature produit tout ce qui se meut et ne se meut pas (26O); c'est grâce à cette cause que l'Univers évolue.

 11LES insensés Me méconnaissent, quand Je revêts une forme humaine, car ils ignorent Ma nature supérieure, celle du grand Seigneur des êtres (261).

 12.PKIVÉS d'espoir, d'action et de savoir, privés de raison, ils partagent la nature trompeuse, brutale et diabolique des démons.

( Dans l'édition de 1964) ce 12ème verset et traduit ainsi:

 12 bis 

VAINS dans leurs espoirs, vains dans leurs actions, vains dans leurs espérances, leurs actions, leur savoir, sont également vains

 13.EN vérité, ô Partha, les grandes âmes (262), qui partagent Ma nature divine, ayant appris à connaitre, Moi, la source impérissable de tous les êtres, M'adorent de leur raison illuminée.

 14.ME glorifiant sans cesse, aspirant à Moi, fermes dans leurs vœux, se prosternant devant Moi, toujours équilibrés et harmonieux, ils M'adorent avec dévotion.

 15.D'AUTRES aussi M'adorent, comme l'Unique et le Multiple omniprésent; ils font leur sacrifice par le sacrifice de la sagesse.

 16.JE suis l'offrande, Je suis le sacrifice et le don aux ancêtres. Je suis l'herbe du culte, la prière, le beurre clarifié et le feu; Je suis ce qui est brulé comme sacrifice.

 17.JE suis le Père de l'Univers, la Mère, le Soutien, l'Ancêtre, le Très-Saint que nous devons apprendre à connaitre, la Parole de Pouvoir, et aussi les trois Védas (263).

 18.LA Voie (264), l'Époux, le Seigneur, le Témoin, la Demeure, le Refuge, l`Amant, l'origine, la Dissolution, la Fondation, le Trésor, la Semence impérissable.

19.JE donne la chaleur, Je retiens et J'envoie la pluie, Je suis l'immortalité et aussi la mort; Je suis le réel et l'irréel(265), ô Arjuna!

 20CEUX qui connaissent les trois Védas, les buveurs du Soma, purifiés du péché, M'adorent par le sacrifice et Me demandent le chemin du ciel; quand ils ont atteint le monde du Roi des Dévas, ils goûtent aux Cieux les festins des dieux.

 21.AYANT joui du vaste monde céleste, leur sainteté tarie (266), ils reviennent à ce monde des mortels. Fidèles aux vertus prescrites par les trois Védas et désirant les désirs, ils obtiennent le transitoire.

 22.A ceux, toujours harmonieux, qui M'adorent d'une façon exclusive, Je donne pleine sécurité.

 23.ET même ceux qui adorent avec une foi entière d'autres Etres Radieux, ils M'adorent aussi, ô fils de Kunti, quoi qu'ils soient infidèles à l'ancienne Loi (267).

 24.EN vérité, c'est Moi qui suis le maître de tous les sacrifices, car Je suis le Seigneur, mais ils ne connaissent pas Mon essence, et c'est pourquoi ils retombent (268).

 25.CEUX qui adorent les Etres Radieux vont vers les Dévas; ceux qui adorent les Ancêtres vont vers les Ancêtres; ceux qui adorent les Élémentaux vont aux esprits de la nature; mais ceux qui M'adorent viennent à Moi (269)

 26Quoi que ce soit qu'on M'offre avec dévotion : une feuille, une fleur, un fruit ou de l'eau, Je l'accepte de mon serviteur, comme une offrande faite avec amour.

 27.QUOI que tu fasses, quoi que tu manges, quoi que tu offres, quoi que tu donnes, quelque effort d'austérité que tu fasses, ô fils de Kunti, fais-le comme une offrande que tu Me fais (270).

28.C'EST ainsi que tu te libéreras des liens du Karma, qui produit des fruits bons et mauvais; harmonisé par le Yoga du renoncement, tu te libéreras et viendras à Moi.

 29.JE suis le même pour tous les êtres, personne ne M'inspire attrait ou éloignement; ceux qui M'adorent avec dévotion, sont en Moi et Je suis en eux (271).

 30MEME si le plus grand des pêcheurs M'adore sans partage, il sera considéré comme un juste, car, en vérité, il a résolu juste (272).

 31.IL apprend vite à faire son devoir et s'achemine vers la paix éternelle, ô fils de Kuntî; sache que celui qui M'adore ne périt jamais(273).

 32.TOUS ceux qui cherchent refuge en Moi, ô Partha, de quelque origine qu'ils soient : femmes, Vaïshias, ou même Shudras, tous ils vont vers le Sentier Suprême.

 33.D'AUTANT plus les saints Brahmanes et les saints royaux (274) qui M'adorent avec vénération. Tombé dans ce monde transitoire et vide de joie, adore-Moi avec ferveur.

 34.CONCENTRE ta pensée sur Moi; Sois-Moi dévoué, offre-toi en sacrifice (275) ! Adore- Moi ! T'étant ainsi complètement (276) harmonisé, tu viendras à Moi, qui suis ton but suprême.

Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîtâ bénie, le neuvième Dialogue, entre Krishma et Arjuna intitulé : LE YOGA DE LA SCIENCE ROYALE ET DU MYSTERE SUPREME

 

   

  DIXIEME DIALOGUE  

 LE YOGA DE LA SOUVERAINETE

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

1DE nouveau entends Ma parole suprême, ô puissamment armé, cette parole que Je veux te dire, pour ton bien, mon bien-aimé.

 2NI la légion des Dévas et des grands Rishis ne connaissent Ma naissance, car Je suis la source unique de tous les Dévas et des grands Rishis.

3.CELUI qui Me connaît, Moi, le non-né, sans commencement, le grand Seigneur du monde, celui-là, libre de toute illusion parmi les mortels, est liberé de tout péché (277).

 4LA Raison, la Sagesse, le discernement(278) le pardon, la vérité, la maitrise de soi, le calme, le plaisir et la douleur; l'existence et la non-existence (279), la crainte et aussi le courage,

 5.LA douceur, l'égalité d'âme, le contentement, les austérités, la charité, la gloire et l'opprobre, sont l'apanage divers des étres qui sont issus de Moi (280).

 6LES sept grands Rishis, les anciens quatre(281) et aussi les Manus, sont nés de Ma nature et de Mon esprit; d'eux aussi la race humaine est issue.

 7CELUI qui connaît en vérité (282) Ma souveraineté et Mon Yoga, celui-là est harmoni.sé par le Yoga inébranlable; c'est certain (283).

 8JE suis le Père de tout; de Moi tout est né, ainsi pensent les sages qui M'adorent avec ferveur(284).

 9.PENSANT à Moi, leur vie cachée en Moi, s'éclairant mutuellement, s'entretenant toujours de Moi, ils sont contents et joyeux(285).

 10A ceux-là, toujours harmonieux et Me rendant hommage avec amour, j'accorde le Yoga du discernement (286) par lequel ils viennent en Moi.

11PLEIN de compassion pour eux, demeurant dans léur Soi, Je disperse avec le flambeau radieux de la sagesse les ténèbres nés de l'igtlorance (287).

 ARJUNA dit

 12.TU es l'Éternel Suprême, le refuge suprême, le Purificateur suprême, Tu es l'homme divin et éternel, la Divinité première, sans naissance, le Seigneur !

 13TOUS les Rishis T'ont proclamé ainsi; le divin Rishi Nârada, et aussi Asita, Devala et Vyâsa(288) de même; et maintenant Tu me le confirmes Toi-même.

 14.TOUT ce que Tu me dis, ô Keshava, je le crois vrai. Ni les Dévas, ni les Danavas (289), ô Seigneur béni, ne comprennent Ta manifestation (290).

 15.O Purusthottama, en vérité Tu Te connais seul Toi-même ! Source des êtres, Seigneur des êtres, Dieu des Dieux, gouverneur du monde

 16.DAIGNE révéler sans réserve Tes vertus divines, par lesquelles Tu as généré le monde et le maintiens, en y demeurant.

 17.COMMENT puis-je Te connaître dans ma constante méditation, ô Yogi ! Sous quels aspects dois-je penser à Toi, ô Seigneur béni ?

 18.O Janardana, parle-moi encore une fois de Ton Yoga et de Ta gloire. Je ne suis jamais las d'entendre Ta parole de vie (291).

 LE SEIGNEUR béni dit:

19.SOIS béni ! Je vais te révéler Ma gloire divine dans ses principaux aspects. ô le meilleur des Kurus ! Les détails qui Me concernent n'ont point de fin.

 20O Gudekesha! Je suis le Soi (292),résidant dans le cœur de tous les êtres. Je suis le commencement, le milieu et aussi la fin de tous les êtres.

 21.ENTRE les fils d'Aditi Je suis Vishnu; entre les lumières Je suis le soleil radieux; entre les Maruts Je suis Marichi; des constellations Je suis la lune.

 22.DES Védas Je suis le Sama Véda; parmi les Etres Radieux Je suis Vasava; et des sens Je suis le mental; Je suis l'intelligence des êtres vivants (293).

 23.Pour les Rudras Je suis Shankara; Je suis Yittesha parmi les demi-dieux (294); et Je suis Pavaka entre les Vasus; des hautes montagnes Je suis Méru.

24SACHE, ô fils de Pritha, que des prêtres du foyer Je suis le chef Brihaspati; des chefs d'armée Je suis Skanda, des eaux Je suis l'Océan.

 25.DES grands Rishis Je suis Bhrigu; des paroles Je suis Ie monosyllabe sacré; des sacrifices Je suis celui des répétitions silencieuses (295); des choses immuables Jesuis l'Himalaya.

 26.DES arbres Je suis Ashvattha (l'arbre de vie); des divins Rishis Je suis Narada; les chanteurs célestes (Gandharvas) Je suis Chitraratha; entre les parfaits Je suis le muni Kapila.

 27.SACHE que Je suis Uchchaishravas entre les coursiers, né du nectar de l'immortalité; entre Ies royaux éléphants, Je suis Airâvata; et parmi les hommes Je suis le roi.

 28.DES armes Je suis la foudre; des vaches Je suis Kamaduk; des Générateurs Je suis Kandarpa; des serpents Je suis Vasuki.

 29.ET Je suis Ananta entre les Nagas (296); Je suis Varuna parmi les habitants des eaux; Je suis Aryaman entre les ancêtres; des gouverneurs Je suis Yama.

 30.DES Daityas(297) Je suis Prahlâda; des calculateurs Je suis le temps, des fauves Je suis la bête royale(298); des oiseaux Je suis Vainateya.

31.DES éléments qui purifient Je suis le vent. des guerriers Je suis Rama; des poissons Je suis Makara; des fleuves Je suis le Gange.

32.DES créations Je suis le commencement, la fin et le milieu, ô Arjuna; des sciences Je suis la science du Soi; Je suis la parole des orateurs (299).

 33.DES lettres Je suis A et le Binaire des mots composés; c'est Moi qui suis le Temps infini; Je suis le Dieu(300) dont la face est tournée de tous côtés.

 34.ET Je suis la mort dévorante et l'origine de tout ce qui va naître; des qualités féminines Je suis la gloire, la prospérité, la parole, la mémoire, l'intelligence, la constance, le pardon (30l).

 35.DES hymnes Je suis le Brihatsaman; des prières (302) Je suis la Gayatri; des mois Je suis le Margashirsha; des saisons Je suis celle des fleurs.

 36.JE suis le jeu du tricheur et la splendeur des choses splendides, Je suis la victoire, Je suis la résolution; Je suis la vérité de celui qui est vrai (303).

 37.DES Vrichnis Je suis Vasudéva; des Pandus Je suis Dhananjaya (304), des sages Je suis Vyasa; des poètes Je suis Ushana, le barde.

 38.DES rois Je suis le sceptre; de ceux qui cherchent la victoire Je suis la politique; des mystères Je suis le silence; Je suis la connaissance des savants.

 39.LA semence de tous les êtres, O Arjuna, c'est moi; et il n'est rien de tout ce qui se meut ou est immobile (305) qui puisse ter en dehors de Moi.

 40MES pouvoirs divins sont innombrables, ô Parantapa! ce que Je t'ai révélé n'est qu'une parcelle de ma gloire infinie.

 41 .SACHE que tout ce qui est glorieux, bon, beau et puissant ne provient que d'une parcelle de Ma splendeur.

 42.MAIS à quoi bon te faire connaître tous ces détails, ô Arjuna? Ayant donné une parcelle de Moi-même pour manifester cet univers, Je demeure à jamais(306).

 

Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta bénie, la science de l'Éternel, l'écrit du Yoga, le dialogue entre Krishna et Arjuna, le dixième dialogue, intitulé: LE YOGA DE LA SOUVERAINETE

 

   

 ONZlEME DIALOGUE.

 LE YOGA DE LA VISION DE LA FORME UNIVERSELLE

 ARJUNA dit:

 1LE suprême mystère du Soi que Tu m'as révélé par compassion a dissipé mon ignorance.

 2.Tu m'as dépeint en détail la création et la destruction des êtres ô Toi aux yeux de lotus, et aussi Ton impérissable majesté.

 3.IL en est comme Tu l'as dit, Seigneur suprême. Je désire voir Ta forme omnipotente, ô le plus parfait des Etres!

 4.SI Tu crois, Seigneur, que je puisse la contempler, Seigneur du Yoga, daigne me montrer Ton impérissable Soi

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 5Vois, ô fils de Pritha, Ma forme divine centuple, à mille faces, infiniment diverse, variée de couleur et d'aspect.

 6Rois les Adityas, les Vasus, les Rudras, les deux Ashvins et aussi les Maruts; vois les innombrables merveilles qui jusqu'ici n'avaient jamais été contemplées, ô Bharata.

7.Vois aujourd'hui tout l'univers, mobile et immuable, et tout ce que tu désires voir encore dans Mon seul corps, ô Gudakesha.

8.MAIS, en vérité, tu ne peux pas Me voir avec tes yeux humains (307); Je te fais don de l'œil divin. Contemple Mon Yoga tout puissant.

SANJAYA dit

 9AYANT proféré ces paroles, ô Roi, le grand maître du Yoga, Hari (308), révéla à Partha (309) sa forme suprême et souveraine.

l0.Pourvu de bouches et d'yeux sans nombre, sous mille aspects merveilleux, paré de joyaux divins, tenant levées beaucoup d'armes divines.

 11.PORTANT des guirlandes et des vêtements divins, oint de parfums célestes, le Dieu des miracles (310); le Dieu infini, se manifesta la face tournée de toute part.

 12.SI la splendeur de mille soleils éclatait à la fois dans les cieux, cela serait comparable au rayonnement de ce grand Etre.

 13.LE fils de Pandu vit tout l'univers divisé en mille parties et réuni là dans le corps du Dieu des Dieux.

 14.ALORS Shananjaya, éperdu (311), les cheveux dressés sur la tête, se prosterna devant la Divinité et parla les mains jointes.

 ARJUNA dit:

15.O Dieu, je vois dans Ta forme les Dieux et tous les êtres à tous les degrés d'évolution avec leurs attributs distincts; je vois Brahma sur son trône de lotus, tous les Rishis et tous les Serpents divins.

 16JE Te vois partout, ô Forme illimitée, avec des bouches, des yeux, des bras, des poitrines multiples; de Ta forme infinie, ô Seigneur infini, je ne vois ni le commencement, ni le milieu, ni la fin (312).

 17.JE Te vois partout, rayonnant de lumière, muni du disque, de la massue et du diadème; étincelant comme le feu, éblouissant comme le soleil incommensurable, dans toutes les régions du ciel (313).

 18.SUPÉRIEUR à toute pensée, lmpérissable, Tu es le trésor suprême; immanent dans tous les êtres, constant Gardien du Dharma éternel, Tu es pour moi l'Homme immémorial (314).

 19.SANS commencement, sans milieu, sans fin; Force infinie pourvue de bras sans nombre, Tes yeux sont le soleil et la lune. Je vois Ton visage, rayonnant comme le feu du sacrifice, dont l'éclat brûle l'univers.

 20.LA terre, les cieux, et toutes les sphères intermédiaires sont emplis de Toi seul; les trois mondes s'affaissent, ô Tout-Puissant, devant la majesté sublime de-Ta terrible anifestation(315).

 21.EN Toi entrent les légions des Suras; quelques-uns T'invoquent les mains jointes; les foules des Rishis et les Siddhas Proclament Ta gloire en chantant Ta louange: « Svasti » (316) !

 22.LES Rudras, les Vasus, les Sadhyas et les Adityas, les Vishvas, les Ashvins, les Maruts, les Ushmapas, les Gandhavas, les Yakshas, les Siddhas, les Asuras Te contemplent en foules émerveillées (317),

 23.EN contemplant Ta forme puissante, munie de bouches et d'yeux sans nombre, de bras, de jambes et de pieds multiples, de tant de poitrines et de dents nombreuses et terribles, les mondes sont frappés d'épouvante, et moi aussi, je frémis.

 24.EN Te voyant radieux toucher au cieI, brillant de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, les bouches béantes et les yeux immenses et flamboyants, je suis secoué jusqu'au fond de moi-même, Vishnu, ma force et ma Paix sont anéanties.

 25TES dents, qui se dressent dans les immenses machoires, me semblent être les flammes dévorantes du Temps; je me sens éperdu et ne trouve pas d'asile. Grâce, ô Dieu, refuge des mondes!

 26.LES fils de Dhritarashtra et avec eux les légions des rois de la terre, Bhishma et Drona, le fils royal de Suta, et tous les nobles guerriers de notre armée.

 27.Tous ils se. précipitent dans Tes bouches béantes à dents terribles, si effrayantes à voir; quelques-uns sont pris entre Tes dents et restent suspendus, leurs têtes écrasees et broyées.

 28.COMME les flots impétueux des rivières se jettent en mugissant dans l'océan, de même ces puissants guerriers, ces rois de la terre, se précipitent dans Tes bouches flamboyantes.

 29.COMME les papillons volent à tire d'aile pour. tomber dans les flammes qui les dévorent, de même ces héros se précipitent pour s'engouffrer dans Tes mâchoires.

 30.TU dévores tout, tu saisis les êtres avec Tes langues de feu et Tu les absorbes; Ta gloire remplit l'espace, ô Vishnu, et l'Univers, est embrasé par Tes rayons incandescents (318).

 31.RÉVELE-Toi; qui est-Tu sous cette forme terrible? Je t'adore en me prosternant. Grâce, Dieu suprême! Je voudrais I e connaître dans Ton essence; cette manifestation de Ta vie me laisse éperdu (319).

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 32.JE suis le temps qui apporte au monde la désolation; Je Me manifeste sur terre pour anéantir l'humanité! Pas un de ces guerriers, rangés pour le combat, ne peut échapper à la mort. toi seul, tu survivras.

 31RELEVE-Toi donc ! Obtiens la gloire ! Triomphe des adversaires et jouis d'un royaume prospère Ces guerriers sont déjà vaincus par Moi. Sois la cause extérieure de leur défaite, sois Mon instrument (320).

 34.DRONA et Bhîshma, Jayadratha et Karna, et tous ces guerriers-là sont déjà frappés. Détruits-les sans crainte. Combats! Tu auras la victoire sur le champ de bataille.

 SANJAYA dit

 35.A ces mots de Késhava, Arjuna, le disciple au diadème, les mains jointes, prosterné et tremblant, parla de nouveau à Krishna, d'une voix entrecoupée par l'effroi, se voilant la face.

ARJUNA dit:

 36.HRISHIKESHA ! Le monde glorifie et chante avec raison Ta magnificence. Les mauvais esprits s`enfuient de tous côtés; les légions des saints se prosternent en T`adorant (321).

 37.IL ne pourrait en être autrement, ô Dieu Suprême (322) ! Cause Première ! Brahma Lui-même est moins grand que Toi, Infinis Dieu des Dieux, refuge de tous les mondes, Impérissable, l'Etre et le Non-Etre, le Suprême Cela!

 38.Tu es le premier des Dieux, l'Esprit, l'Ancien, base Suprême de tout ce qui vit; Celui qui connaît et ce qui doit être connu (323); la demeure suprême; l'univers est épars dans Ta forme immense.

 39.Tu es Vayu et Yama, Agni, la lune, Varuna, le Père et le Grand Ancêtre, Gloire à Toi ! Mille fois hommage ! Hommage à Toi ! encore et encore hommage (324) !

 40.TOUT se prosterne devant Toi, derrière Toi, de tous cotés. Plein d une puissance sans bornes et d'une force immense (325) Tu tiens tout en Tes mains; car Tu es Toi-même Tout!

 41.SI ne me doutant pas de Ta majesté et ne voyant en roi qu'un ami, je t'ai appelé dans la simplicité de mon amour : ôKrishna, ô Yadava, ô mon ami.

42.SI j 'ai manqué de vénération pour Toi, soit en plaisantant, soit en jouant, en me reposant ou en prenant un repas, soit seul ou en présence des amis, pardonne-moi, Etre infini !

 43.Père des mondes, de tout ce qui se meut et de ce qui est immobile, plus vénérable même que le Guru(326), il n'est personne qui Te soit égal. Qui peut Te surpasser ' Ton pouvoir est souverain dans les trois mondes.

 44.AUSSI je me prosterne devant Toi; je Te rends hommage et je t'implore, Toi, le Seigneur digne de louanges. Sois indulgent pour moi comme un père avec son fils, comme l'ami avec son ami, comme l'amant avec sa bien-aimée.

 45.J'ai vu ce que personne n'a encore contemplé, mon cœur tremblant est plein de joie, et de crainte; daigne me montrer de nouveau ton autre forme; grâce, ô toi, refuge des mondes, ô Dieu des Dieux..

 46.Je voudrais te revoir simplement couronné du diadème, et les mains armées de la massue et du disque. Reprends de nouveau Ta forme à quatre bras, ô Dieu aux milliers de bras et aux formes sans nornbre.

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 47.JE t'ai accordé la faveur, Arjuna, de voir cette forme suprême révélée par mon Yoga, cette forme radieuse, sans bornes et primordiale, que personne n'a vue encore avant toi.

 48.NI le sacrifice, ni les védas, ni les aumones, ni les œuvres, ni les grandes austérités, ni l'étude approfondie ne peuvent faire obtenir la vision de cette Forme. ô chef des Kurus, toi seul, tu l'as contemplée.

 49.Ne sois pas troublé, ni effrayé, d'avoir vu cette Forme redoutable. Abandonne toute crainte et que ton cœur soit satisfait: Contemple de nouveau Ma forme ordinaire (327).

 SANJAYA dit:

 50.PARLANT ainsi, Vasudeva se manifesta de nouveau à Arj una sous son aspect ordinaire et, reprenant de nouveau Sa Forme douce et bienveillante. Il calma sa frayeur (328).

 ARJUNA dit

 51.EN revoyant Ta douce Forme humaine, ô Janardana, je reviens à moi et reprends possession de moi-même.

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 52.Cette forme de Moi que tu as contemplée est très difficile à voir. En vérité, les Dévas ont le désir incessant de la contempler (329).

 53.NI par les Védas ou les austérités, ni par les aumones ou les offrandes, on ne peut obtenir cette vision que tu as eue.

 54.CE n'est que par une dévotion exclusive qu'on peut arriver, ô Arjuna, à Me contempler, à Me connaître dans Mon essence et à entrer dans Mon être, ô Parantapa (330) !

 55.CELUI qui accomplit toutes les actions en Mon nom et dont Je suis le but suprême, ce disciple fervent, libre de toute attache, n'éprouvant d'hostilité pour aucune créature, vient à Moi, ô fils de Pandu (331) !

 Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta bénie, la science de l'Éternel, l'écrit du yoga, le dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, le onzième dialogue, intitulé: LE YOG A DE LA VISION DE LA FORME UNIVERSELLE

 

 

  DOUZlEME DlALOGUE 

LE YOGA DE LA DEVOTION

ARJUNA dit

1DE ceux qui Te servent ainsi, pleins de dévotion et d'harmonie, ou de ceux qui adorent l'Indestructible Non-Manifesté, lesquels sont le plus versés dans le Yoga ?

 LE SEIGNEUR BENI dit

 2CEUX dont la pensée est fixée sur Moi, toujours équilibrés et M'adorant avec une foi parfaite, ceux-là selon Moi sont les plus avancés dans le Yoga.

 3CEUX qui adorent l'Indestructible, l'ineffable, le Non-Manifesté, l'Omniprésent et l'lnconcevable, l'Immuable Eternel,

4MAITRISANT leurs sens et considérant tout du même œil, se réjouissant du bien de tous les êtres, ceux-là aussi viennent à Moi.

 5LA voie de ceux dont la pensée est fixée sur le Non-Manifesté est plus difficile, car pour celui qui est incarné il n'est pas aisé d'atteindre le Non-Manifesté (332).

 6CEUX, en vérité, qui M'ayant abandonné toutes leurs actions, sont concentrés sur Moi et M'adorent, adonnés entièrement au Yoga (333)

 7.CEUX LA, Je les retire de l'océan de la mort et des renaissances (334), ô Partha, car ils se sont réfugiés en Moi (335).

 8FIXE ta pensée sur Moi, laisse ta raison entrer en Moi, alors, sans aucun doute, tu feras ta demeure en Moi.

 9MAIS si tu n'es pas capable de fixer ta pensée. sur Moi, tâche d'arriver jusqu'à Moi par une pratique constante du Yoga (336).

 l0.SI tu ne réussis pas dans cette constante pratique, concentre-toi sur Mon service; en Me consacrant toutes tes actions, tu atteindras à la perfection.

 11.MAIS si la force te manque en cela, alors, prenant refuge dans l'union avec Moi. cherche à maîtriser ton soi (337) et renonce au fruit de toute action.

 12.EN vérité, la connaissance est supérieure à la pratique constante; la méditation l'emporte sur la connaissance; le renoncement au fruit de l'action' est plus grand que la méditation; la paix suit le renoncement.

 13CELUI qui ne ressent d'hostilité pour aucune créature, bienveillant et compatissant, détaché et sans égoïsme, équilibré dans le plaisir et la douleur, plein de pardon (338),

 14.TOUJOURS content, harmonieux, maître de soi, plein de résolution, Me consacrant sa pensée et sa raison, ce disciple dévoué M'est cher(339).

 15.CELUI dont le monde n'a rien à craindre et qui ne redoute pas le monde, libre des angoisses de la joie, de la colère et de la crainte, celui-là M'est cher.

 16CELUI qui n'attend rien pour soi, pur, expert, sans passion et plein de sérénité, renonçant au fruit de tout ce qu'il entreprend, ce discipIe tendrement dévoué M'est cher (340).

 17.CELUI qui, plein de dévotion ne s'adonne ni à l'amour, ni à la hainet ni à la douIeur, ni au désir, renonçant au fruit du bien et du mal, celui-là M'est cher.

 18CELUI qui est le même envers son ennemi et son ami, dans la gloire et l'opprobre, dans le froid et le chaud, dans le plaisir et la peine, libéré de tout attachement (341),

 19ACCUEILLANT de même la louange et le blâme, silencieux, content de tout ce qui arrive, sans foyer, ferme d'esprit et plein de dévotion, cet homme M'est cher (342).

 20.MAIS, en vérité, ceux qui font de Moi leur but suprême et acceptent pleins de foi ce nectar immortel dont je t'ai désaltéré (343), ces disciples dévoués et fervents Me sont chers par-dessus tout.

 

Telle est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta, la science de l'Éternel, l'Ecrit du Yoga, le dialogue entre Shri-Krishna et Arjuna, le douzième entretien, intitulé: LE YOGA DE LA DÉVOTION

   

  TREIZIEME DIALOGUE

 LE YOGA DE LA DISTINCTION ENTRE LE CHAMP

ET LE CONNAISSEUR DU CHAMP

 ARJUNA dit:

 La matière et l'Esprit, autrement dit le Champ et Celui qui connaît le Champ (344) la Sagesse et ce qui doit être connu, voilà ce que )e voudràis apprendre, ô Kesllava.

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 1CE corps, ô fils de Kuntî, est nommé le Champ; et Ce qui le connaît est appelé par les sages le Connaisseur du Champ.

 2CONNAIS-Moi, comme le Connaisseur du Champ dans tous les champs, ô Bhârata. Ce qui est Sagesse par rapport au champ et au Connaisseur du Champ, ceci selon Moi est la vraie Sagesse.

 3MAINTENANT, entends de Moi la brève définition du Champ et de sa nature, comment il se modifie, d'où il vient et ce qu'est le Connaisseur et quels sont ses pouvoirs.

 4LES Rishis l'ont chanté de bien des manières, dans différents chants et en vers précis et logiques, qui parlent de Brahma (345).

 5LES grands Eléments, l'Individualité(346), la Raison pure (347), et aussi le Non-Manifesté, les dix sens et l'un, et les cinq paturages des sens (348)

 6.DÉSIR, aversion, plaisir, douleur, combinaison(349) intelligence, volonté(35O); voilà le bref résumé de ce qui constitue le Champ et ses modifications.

 7HUMILITÉ, modestie, incapacité de nuire, pardon, rectitude, service de l'instructeur, pureté, stabilité, maîtrise de soi.

 8DETACHEMENT des objets des sens et aussi absencc d'égoïsme, comprehension intuitive de la souffrance et du mal de la naissance, de la mort, de la vieillesse et de la maladie.

 9.DETACHEMENT, absence d identification avec le fils, La femme ou le foyer, et équilibre constant du Inental au milieu d'évenements désirés et redoutés,

10.DEVOTION exclusive envers Moi par le Yoga, sans autre objet, penchant pour la retraite et la solitudc, absence du plaisir dans la société des hommes.

11.CONSTANCE dans la Sagesse du Soi,Compréhension de l'objet de la vraie sagesse; voila ce qui est déclaré comme étant la Sagesse; tout le reste n'est qu'ignorance. (351)

12.JE vais déclarer ce qui doit être connu et ce qui donne l'immortalité(352): l'Éternel, le Suprême, sans commencement, ce que l'on ne peut nommer ni l'être ni le non-être.

 13.CELA a des mains et des pieds, des yeux, des têtes, des oreilles et des bouches partout; cela réside dans le monde et embrasse toute chose.

 14.RAYONNANT de toutes les facultés des sens sans en avoir aucun; détaché de tout, Il est le soutien de tout; libre des qualités, il perçoit les qualités (353).

 15.A l'extérieur et au-dedans de tous les êtres, immobile et mobile,d'une subtilité imperceptible; tout près et bien loin de nous est Cela.

 16.INDIVISIBLE, il réside dans tous les êtres, comme s'il était partagé. Il est Ce qui soutient tous les êtres; Il absorbe et Il génère.

 17.CELA, La Lumière des Lumières est, dit-on, par delà les ténèbres. C'est la Sagesse et l'objet de la Sagesse, que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun (354).

 18.C'EST ainsi que brièvement sont décrits le Champ, la Sagesse et l'objet de la Sagesse. Mon serviteur dévoué, ayant appris cela, s'unit à Moi.

 19.SACHE que la Matière et l'Esprit sont tous deux sans commencement, et que les modifications et les qualités sont toutes nées de la Matière (355).

 20C'EST la matière qui est la cause de la générations des causes et des effets; l'Esprit est la cause de la perception du plaisir et de la souffrance.

 21.L'ESPRIT, qui réside dans la Matière, se sert des qualités, nées de la Matière; c'est grâce à l'attachement aux qualités qu'il renaît dans les bonnes et mauvaises matrices. 

22.INSPECTEUR et moniteur, soutenant et percevant toute chose, le Maître Souverain, le Soi Suprême, tels sont les dénominations que l'on donne à cet Esprit Suprême (356).

 23.CELUI qui connaît ainsi l'Esprit et la Matière avec ses qualités, dans quelque condition qu'il soit, il ne doit plus renaître.

 24QUELQUES-UNS contemplent dans la méditation le Soi dans le soi par le Soi; d'autres y arrivent par la Sankhya Yoga, d'autres par le Yoga de l'Action (357).

 25.D'AUTRES, ignorant ces voies, apprennent par d'autres à le connaître et à l'adorer; et ceux-là ayant la foi, triomphent aussi de la mort (358).

 26.SACHE-LE, ô le meilleur des Bharatas quelle que soit la créature immobile ou mobile, sache qu'elle est née de l'union du Ghamp avec le Connaisseur du Champ.

 27.CELUI qui voit le Seigneur Suprême, résidant de même dans tous les êtres, impérissable au milieu de tout ce qui périt, celui-là voit.

 28.EN verité, celui qui voit le Seigneur résidant le même partout, celui-là ne détruit pas le Soi par le soi, et suit la Voie suprême (359).

29.CELUI qui voit que c'est la Matière qui accomplit en vérité toute action et que le Soi n'agit pas, celui-là voit.

 30.QUAND il voit que l'existence diversifiée des êtres a ses racines dans l'Unique, et que c'est de Lui que tout procède, alors il atteint l'Éternel.

31.LE Suprême Soi, l'Impérissable, étant sans commencement et sans qualités, n'agit pas et n'est pas affecté, ô fils de Kunti, quoiqu'il réside dans le corps.

 32.DE même que l'éther, à cause de sa subtilité, n'est affecté par rien, de même le Soi qui réside partout, reste libre de toute souillure (360).

 33.DE même que le soleil unique illumine toute la terre, de même le Seigneur du champ illumine tout le Champ, ô Bharata (361).

 34.CEUX qui, avec les yeux de la Sagesse, perçoivent la différence entre le Champ et Celui qui connaît le Champ, et aussi la libération des êtres des liens de la Matière, ceux-là vont au Suprême.

 Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta, la science de l'Éternel, Ecrit du Yoga, le dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, le treizième entretien intitulé :LE YOGA DE LA DlSTINCTION ENTRE LE CHAMP ET LE CONNAISSEUR DU CHAMP (362)

  

 

   QUATORZIEME DlALOGUE

 LE YOGA DE LA SÉPARATION DES TROlS QUALITÉS

 LE SEIGNEUR BÉNI dit:

 1JE veux encore une fois proclamer cette Suprême Sagesse, la meilleure de toutes les sagesses, que les sages ont connue, et par laquelle ils se sont élevés à la Perfection Suprême,(363)

 2PRENANT refuge dans cette Sagesse et s'identifiant à Moi, ils ne renaissent plus avec la renaissance de l'Univers et ne souffrent plus, lors de sa dissolution (364).

3MA matrice est l'Eternel; en Lui Je place le germe; et de là naissent tous les êtres? ô Bharata (365)

 4DE quelque matrice que naissent les mortels ô fils de Kunti, c'est le grand Brâhman qui est leur matrice, et Moi, Je suis le Père qui les génère.

 5HARMONIE, Mouvement, Inertie (366), telles sont les qualités, nées de la matière; ô puissamment-armé, ces qualités rendent l'Impérissable prisonnier de son corps.

 6DE ces qualités, l'harmonie étant pure, saine et lumineuse, elle nous enchaîne par l'attachement à la béatitude et à la sagesse, ô toi, qui es sans péché! (367).

 7LE rajas, la nature passionnelle est, sache-le, ô fils de Kunti, la source de l'attachement et de la soif de vie, qui tient l'habitant prisonnier du corps par l'attachement à l'action.

 8MAIS le tamas (368) né de la non-sagesse, est ce qui trompe tout habitant du corps; il enchaîne par la négligence, la paresse et la stupidité, ô Bharata.

 9L'HARMONIE nous lie par l'attachement au bonheur, le mouvement nous lie par l'attachement à l'action, ô Bharata. Quant à l'inertie, rebelle à la sagesse, elle attache à la paresse.

 10LORSQUE l'Harmonie a vaincu le mouvement et l'inertie, elle prédomine, ô Bharata; quand le mouvement domine, c'est signe qu'il a vaincu l'harmonie et l'inertie; quand c'est l'inertie qui domine, c'est qu'elle a vaincu l'harmonie et le mouvement (369).

 11QUAND la lumière de la sagesse rayonne de toutes les portes du corps, alors l'on peut savoir que c'est l'Harmonie qui prédomine (370).

 12LA cupidité, l'énergie entreprenante, la recherche de l'action, l'agitation, le désir, ces choses naissent de la prédominance du mouvement, ô le meilleur des Bharatas.

.13L'OBSCURITÉ, la stagnation, la paresse, et aussi l'ignorance, ces choses naissent de l'accroissement de l'inertie, ô joie des Kurus !

 14SI, à l'heure de la mort c'est l'harmonie qui prédomine, alors l'homme va dans les mondes purs des grands sages.

 15SI c'est le mouvement qui prédomine à l'heure de la mort, alors l'homme renaît au milieu de ceux qui sont attachés à l'action; si c'est l'inertie qui prédomine, il renaît dans le sein de ceux qui sont dénués de raison.

 16LE fruit de l'action bonne est nommé harmonieux et pur; en vérité, le fruit du mouvement c'est la douleur; et le fruit de l'inertie c'est la non-sagesse (371).

 17DE l'Harmonie naît la Sagesse et du mouvement la cupidité; la paresse et l'illusion naissent de l'inertie, ainsi que l'ignorance (372).

 18CEUX qui vivent dans l'harmonie, s'élèvent; les actifs restent dans la région intermédiaire; les inertes descendent, enveloppés des plus viles qualités.

 19QUAND le voyant (373) ne voit pas d'autre agent que les qualités, et qu'il connaît Cequi est supérieur aux qualités, alors il entre dans Mon être.

 20QUAND l'habitant du corps a passé par delà les qualités qui génèrent tous les corps, alors il est libéré de la naissance, de la mort, de la vieillesse et de la souffrance, et il boit le nectar de l'immortalité (374).

 ARJUNA demanda:

 21QUELS sont les signes de celui qui a dépassé ces trois qualités, ô Seigneur? Comment agit-il et comment arrive-t-il à les dominer (375) ?

 LE SEIGNEUR BENI dit :

 22CELUI, ô fils de Pandu, qui ne hait ni la lumière, ni l'énergie en motion, ni même l'ignorance, quand ils sont présents, et qui ne soupire pas après eux, lorsqu'ils sont absents.

 23CELUI qui, restant impartial(376) ne se laisse pas ébranler par les gunas; celui qui dit: « Les gunas se meuvent » et reste impassible.

 24ÉQUILIBRE dans le plaisir et la douleur; fort dans son indépendance, prenant de même une motte de terre, une pierre ou un lingot d'or, le même pour ceux qu'il aime et ceux qu'il n'aime pas, ferme, le même dans le blâme et la louange.

 25LE même dans l'honneur et l'ignominie, le même avec son ami et son ennemi; abandonnant toutes les entreprises (377), celui-là est reconnu pour avoir dominé les gunas.

 26ET celui qui Me sert excluslvement par le Yoga de la dévotion(378), celui-là, dépassant les gunas est prêt à devenir Brahman.

 27CAR Je suis la demeure de Brahman, de l'inaltérable nectar de l'immortalité, du Dharma immémorial et de la Béatitude infinie (379).

 Tel est, dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta, la science de l'Eternel, l'écrit du Yoga, le dialogue entre Shri Krishna, et Arjuna, le quatorzième entretien, intitulé: LE YOGA DE LA SÉPARATION DES TROIS QUALITÉS

  

 

  QUINZIEME DIALOGUE 

LE YOGA DE L'APPROCHE DE L'ESPRIT SUPRÉME

 

LE SEIGNEUR BÉNI dit: 

1AYANT ses racines en haut et ses branches en bas, Ashvattha(380) est dit indestructible; ses feuilles sont les hymnes; celui qui le connaît est un connaisseur du Véda.

2NOURRIES par les qualités, ses branches s'étendent en haut et en bas; les objets des sens sont ses boutons, et ses racines croissent en bas, ce sont les liens de l'action dans le monde humain. 

3ICI-BAS, l'on ne peut acquérir une connaissance de sa forme, de son but, de son origine et de ses racines, car cet Ashvattha aux racines puissantes a été abattu par le glaive ferme du détachement 

4IL faut chercher la voie d'où il n'y a plus de retour. En vérité je m'achemine vers l'Homme Céleste, de qui est déversée à travers les ages, l'énergie originelle (381)

 5SANS orgueil ou ignorance, victorieux du vice de l'attachement, toujours concentré sur le Soi, le desir apaisé, libéré de la paire des opposés, connus sous le nom du plaisir et de la douleur, le sage suit, libre de toute illusion, la voie indestructible.

 6LE soleil n'y brille pas, ni la lune, ni le feu; de ce lieu on ne revient plus. C'est Ma demeure Suprême (382)

 7UNE parcelle de Mon propre Soi, transformé dans le monde de la vie en Esprit immortel, crée autour de soi les sens, enveloppés de Prakriti, dont l'intellect est le sixieme (383) 

8LORSQUE le Seigneur acquiert un corps et quand Il le quitte, Il saisit les sens et les prend avec Lui, de même que le vent prend les parfums des retraites cachées où ils s'exhalent (384) 

9ENFERMÉ dans l'oreille, dans l'œil, dans le toucher, le goût et l'odorat, et aussi dans l'inteliect, Il jouit des objets des sens.

 10CEUX qui sont enveloppés de l'illuslon, ne Le voient pas, quand Il part ou quand Il est est présent, ou quand Il jouit au moyen des qualités. Celui qui a l'œil de la Sagesse celui-la voit et connaît (385). 

11LES Yogîs qui peinent, Le voient établi dans le soi; mais les non-éveillés, dont le soi n'est pas discipliné, ne Le perçoivent pas malgré tous leurs efforts(386).

 12.SACHE que cette splendeur qui rayonne du soleil et illumine le monde entier, qui est dans la lune et dans le feu, sache que cette splendeur vient de Moi.

 13.PÉNÉTRANT dans le sol, Je soutiens tous les êtres par mon énergie vitale et transformé en liquide délicieux (387), Je nourris toutes les plantes.

 14JE deviens le feu de vie et Je m'empare des corps des êtres, Je m'unis aux souffles de vie et Je cuis les quatre sortes d'aliments.

 15JE réside dans le cœur de chacun et de Moi viennent mémoire, sagesse et leur absence. Et Je suis Ce qui doit être révélé dans les Védas; en vérité, Je suis le connaisseur du Véda et l'auteur du Védanta(388).

 16EN ce monde il est deux Purushas (389): la force destructible et ce qui ne l'est pas; le destructible est dans tous les êtres, ce qui ne change pas est nommé l'indestructible

 17LE Purusha suprême est en vérité une autre Force, affirmée comme le Soi suprême, Celui qui pénètre tout et soutient les trois mondes, le Seigneur indestructible (390). 

18COMME Je dépasse le destructible, et que Je suis encore plus parfait que l'indestructible en ce monde, Je suis proclamé dans le Véda l'Esprit Suprême (391).

 19CELUI qui Me reconnalt comme l'Esprit Suprême, celui-là, possédant toute connaissance, M'adore de tout son être, ô Bharata (392).

 20CE que Je viens de te révéler est la doctrine la plus secrète, ô toi sans péché. Celui qui a reçu cetle connaissance est devenu illuminé et a terminé sa tâche ô Bharâta (393). 

Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta, la science de l'Eternel, l'écrit du Yoga, le dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, le quinzième dialogue intitulé: LE YOGA DE L'APPROCHE DE L'ESPRIT SUPREME (394)

 

 

   SEIZIEME DIALOGUE

 LE YOGA DE LA DIVISION ENTRE CE QUI EST DIVIN ET CE QUI EST DÉMONIAQUE

 

1L’INTRÉPIDITÉ, la pureté de la vie, la fermeté dans le Yoga de la Sagesse, charité, maîtrise de soi, et sacrifice, étude des Ecritures, austérité et droiture,

 2INNOCENCE, vérité, absence de la colère, renoncement, paix, absence de toute malice, compassion pour tous les êtres vivants, absence de cupidité, douceur, modestie, absence de toute mesquinerie,

 3VIGUEUR, pardon, fortitude, pureté, absence de l'envie et de l'orgueil, telles sont les qualités de celui qui est né avec les qualités divines, ô Bhârata (395)

 4HYPOCRISIE, arrogance, présomption, colère et aussi dureté et ignorance, sont les traits de celui qui est né avec les qualités démoniaques, ô Partha.

 5LES qualités divines mènent à la délivrance, les qualités démoniaques au servage Ne t'afflige pas, tu es né avec lesqualités divines, ô Pandava(396).

 6LA création animale est double en ce monde, divine et démoniaque : la partie divine t'a déjà été décrite en détail: entends maintenant, ô fils de Pritha, ce qu'est la partie démoniaque.

 7LES hommes démoniaques ne connaissent ni energie juste, ni abstinence juste, ni pureté, ni même tact ou vérité(397).

 8L'UNIVERS n'a pas de verité, n'a pas de base, disent-ils, il est sans Dieu. Il est manifesté par l'union, née de la volupté.

 9AYANT cette opinion, ces malheureux (398), dépourvus de compréhension et pleins de violence, viennent ici-bas comme des ennemis, pour la destruction du monde (399). 

10EN proie à des désirs insatiables, possédés par la vanité, la présomption et l'arrogance, professant dans leur ignorance des idées mauvaises, ils entreprennent l'action avec un motif impur (400). 

11S'ADONNANT avec passion à la pensée qui mène à la perdition, considérant la satisfaction des désirs, comme ce qu'il y a de meilleur, convaincus qu'il n'y a rien de plus, 

12TENUS en servage par mille attaches du désir, adonnés à la luxure et à la colère, ils cherchent à obtenir par des moyens illégitimes des richesses immenses afin d'assouvir leur sensualité.

13« J'AI gagné ceci aujourd'hui; je gagnerai cela demain; cette fortune est à moi, elle sera mienne aussi à l'avenir. » 

14« J'AI tué cet ennemi, et j'en tuerai d'autres. Je suis le maître, je jouis(392), je suis parfait, puissant, heureux. »

 15« JE suis riche et bien né; qui peut m'être égal ? Je sacrifierai, je ferai des aumônes, je me réjouirai. »(401). C'est ainsi que déçus par l'ignorance, 

16AGITÉS par des pensées multiples, enlacés dans les filets de l'illusion, adonnés à la satisfaction des désirs, ils tombent bien bas dans un enfer horrible. 

17PLEINS de vanité, tenaces, remplis d'orgueil et enivrés de richesses, ils accomplissent des lèvres, par vanité, des sacrifices contraires aux prescriptions (402). 

18ADONNÉs à l'égoïsme, au pouvoir, à l'insolence, à la luxure et à la colère, ces méchants Me haïssent dans les autres et en eux-mêmes. 

19CES méchants qui sont pleins de haine et sans pitié, les plus vils entre les hommes, Je les jette dans les matrices des démons. 

20.JETÉS dans les matrices démoniaques, plongeant de plus en plus dans l'illusion avec chaque naissance nouvelle, incapables de venir à Moi, ils tombent dans l'abîme le plus bas, ô fils de Kunti (4O3). 

21TRIPLES sont les portes de cet enfer, destructeur du soi: volupté, colère, cupidité; l'homme doit renoncer à ces trois choses 

22L'HOMME délivré de ces trois portes des ténèbres, ô fils de Kunti, accomplit son salut et atteint le but suprême.

23CELUI qui désobéit aux préceptes des Ecritures pour satisfaire ses désirs, ne peut obtenir ni perfection, ni bonheur; il n'atteint pas le but suprême (404).

 24QUE les Écritures soient donc une règle de conduite pour toi, qu'elles t'apprennent ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Tu dois travailler en ce monde d'accord avec leurs enseignements. 

Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta, la science de l'Eternel, l'écrit du Yoga, le dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, le seizième dialogue intitulé :LE YOGA DE LA DIVISION ENTRE CE QUI EST DIVIN ET CE QUI EST DÉMONIAQUE

 

  

 DIX-SEPTIEME DIALOGUE

 LE YOGA DE LA TRIPLE DIVISION DE LA FOI

 

ARJUNA demanda :

 1QUELLE est la condition, ô Krishna, de ceux qui sacrifient, pleins de foi, mais qui rejettent tous les préceptes de la Loi ? Cette condition sera-t-elle un état de pureté, de passion ou d'obscurité ?

 LE SEIGNEUR béni dit: 

2LA foi innée de l'homme (405) est de nature triple: pure, passionnée et obscure. Écoute.

3LA foi de chacun est formée selon sa propre nature, ô Bharata. L'homme consiste en sa foi; l'homme est ce qu'est sa foi (406)

 4LES hommes purs adorent les Etres Radieux; les hommes passionnés adorent les gnomes et les géants (407); les autres, les ignorants, adorent, les revenants et les esprits de la nature. 

5LES hommes qui accompliscent de sévères austérites, non ordonnées par les Écritures, pleins de vanité et d'égoïsme, entraînés par la force de leurs désirs et de leurs passions,

 6DÉNUÉS d'intelligence, tourmentant les éléments qui forment le corps, et Me tourmentant Moi aussi, qui réside dans le corps intérieur, sache que ces hommes sont démoniaques dans leurs intentions.

 7LA nourriture, qui nous est chère, est aussi triple, de même que le sacrifice, l'austérité et l'aumône. Entends qu'elle est leur distinction.

 8LA nourriture qui augmente la vitalité, l'énergie, la vigueur, la santé, la joie et la bonne humeur, délicieuse, pure, substantielle et agréable, est chère à celui qui est pur. 

9L`HOMME passionné aime la nourriture qui est amère, aigre, saline, surchauffée, malodorante, sèche et brûlante, celle qui produit la souffrance, la douleur et la maladie.

 10CE qui est sans goût et sans saveur, sentant mauvais et corrompu, restes impurs, telle est la nourriture chère aux tamasiques.

 11LE sacrifice offert sans désir d'avoir une récompense, tel qu'il est ordonné par la Loi, dans la conviction ferme que ce sacrifice est un devoir, cette offrande-là est pure. 

12LE sacrifice qui est offert avec l'espoir d'en voir le fruit, et aussi celui qui est fait par ostentation, ô meilleur des Bharatas, sache que ce sacrifice est passionné.

 13LE sacrifice contraire aux prescriptions de la Loi, sans partage des aliments, vide des paroles de pouvoir, et sans dons, ce sacrifice vide de foi, est ténébreux.

 

14LA vénération des Etres Radieux, de ceux qui sont deux fois nés, des gurus et des sages, la pureté, la droiture, la chasteté et l'innocence, sont considérés comme l'austérité du corps(408).

15LA parole qui ne cause pas d'ennui, vraie, agréable et utile, ainsi que l'étude des Écritures Saintes, sont considérées comme étant l'austérité de la parole.

16LA joie mentale, l'équilibre, le silence, la maîtrise de soi, la pureté intérieure sont ce que l'on appelle l'austérité de l'âme.

17SI cette triple austérité est accomplie avec la plus grande foi, sans désir de récompense et d'une façon harmonieuse, elle est pure.

18SI elle est accomplie par ostentation, dans le but d'obtenir respect, honneur ou adoration, elle est passionnée, instable et superficielle.

19L'AUSTÉRITÉ pratiquée par ignorance, en se torturant ou bien dans le but de nuire à quelqu'un, est obscure.

20L'AUMONE donnée sans attendre rien en retour, dans la conviction qu'un don doit être fait, en un lieu et en un temps convenables et à une personne digne, cette aumône-là est pure.

 21CE qui est donné pour recevoir quelque chose en retour, dans l'attente d'une récompense, ou bien à contre-cœur, cette aumone-là est considérée comme passionnée.

 22L' AUMONE donée en un lieu ou en un temps impropre et à une personne indigne, d'une façon irrespectueuse ou méprisante, cette aumone-là est ténébreuse (410).

 23« Aum That Sat », telle est l'appellation triple de l'Éternel. C'est par cela qu'ont été jadis ordonnés les Brahmanas, les Védas et les sacrifices (411).

 24C'EST pourquoi, ceux qui connaissent Brahman commencent toujours les actes de sacrifice, les dons et l'austérité en prononçant « Aum ».

 25CEUX qui cherchent la délivrance, accomplissent les actes divers du sacrifice, d'austérité et font les dons, en prononçant « Tat », sans penser à la recompense.

 26ON emploie « Sat » dans le sens de réalité et de bonté(412); de même, ô Partha, le mot « Sat » est employé dans le sens de bonne œuvre.

27LA persistance dans le sacrifice, l'austérité et les dons, sont aussi nommés « Sat »; l'action accomplie au nom du Suprême, est aussi nommée « Sat ».

28CE qui est fait sans foi, que ce soit une offrande, un don, une austérité, ou une autre action, est nommée « Asat », ô Partha. Ce n'est rien, ni ici-bas, ni dans l'au-delà.

 Tel est dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîta bénie, la science de l'Eternel, l'écrit du Yoga, le dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, le dix-septième dialogue intitulé :LE YOGA DE LA TRIPLE DIVISION DE LA FOI (413)

 

 

 

   LE DIX-HUITIEME DIALOGUE

YOGA DE LA LIBÉRATION PAR LE RENONCEMENT

 ARJUNA dit

 

1JE voudrais, ô héros puissamment armé, connaître l'essence du renoncement et de l'abandon des œuvres, ô vainqueur du démon (414).

LE SEIGNEUR béni dit:

2LES sages (415) appellent renoncement la renonciation aux œuvres que l'on désire; l'abandon du fruit de toute action est nommé par eux l'abandon.

3.CERTAINS sages disent : « Une action doit être évitée comme un mal » ; d'autres disent : « Les pratiques du sacrifice, de la charité, et de l'austérité ne doivcnt pas être abandonnées ».

4ECOUTE ce que Je pense du renoncement, ô le meilleur des Bharatas. Il y a trois sortes de renoncement, ô Tigre des hommes !

5ON ne doit pas éviter les pratiques du sacrifice, de la charité et de l'austérité. Sacrifice, charité et austérité sont pour les sages des moyens de purification.

6MAIS ces actions mêmes doivent être accomplies en se libérant de tout attachement et du fruit, ô fils de Pritha. Telle est ma conviction définie.

7EN vérité, il ne convient pas de renoncer à une action prescrite; une telle renonciation est une erreur et naît des ténèbres.

8CELUI qui renonce à une action par crainte de la souffrance, et dit : « C'est pénible », celui-là accomplit un renoncement passionné et n'obtient pas le fruit du renoncement.

9CELUI qui accomplit un acte prcscrit en disant: « Cela doit être accompli, celui-la, ô Arjuna, se libérant de l'attachement et aussi du fruit, accomplit un renoncement pur.

 10L'HOMME désintéressé, pénétré de pureté et libre du doute, n'éprouve ni répulsion pour un acte pénible, ni attrait pour un acte agréable.

 11.CELUI qui est incarné ne peut complètement éviter l'action; en vérité, c'est en renonçant au fruit de l'acte, qu'on accomplit le vrai renoncement.

 12LE fruit de l'action est triple : bon, mauvais et mélangé. Il est obtenu dans l'au-delà par ceux qui n'ont pas pratiqué le renoncement, mais pas par ceux qui l'ont pratiqué.

 13APPRENDS de Moi, ô puissamment armé, les cinq causes de l'accomplissement de l'action, telles qu'elles sont émises dans la Sankhya

14LE sujet, l'agent, les organes divers, les différentes sortes d'énergies et en cinquième lieu, les divinités qui président à l'action (4l7).

 15QUELLE que soit l'action que l'homme accomplit au moyen de son corps, de sa parole et de son mental que ce soit une action juste ou injuste, ces cinq causes sont toujours en jeu.

 16CELA étant, celui qui, par ignorance, croit que son Soi est le seul agent, celui-là est dans l'erreur et ne voit pas(4l8).

 17CELUI qui est affranchi de l'égoisme et dont la raison n'est pas affectée (419), celui-là, tout en tuant ces gens, ne les tue pas et ne se lie pas.

 18LA connaissance, ce qui est à connaître et celui qui cherche à connaître, telle est la triple impulsion à l'action ; l'organe, l'action, l'agent, tels sont les triples éléments de l'action même.

19LA connaissance, l'action et l'agent sont aussi considérés comme triples, grâce à la différence des qualités qui s'y manifestent, écoutes-en l'analyse détaillée.

 

20SACHE que la connaissance (420) qui permet de voir dans les êtres séparés l' Unique Etre indestructible, indivisible, unique, résidant partout, sache que cette connaissance est pure.

 21MAIS le savoir qui voit dans les existences multiples des êtres séparés, sache que cette connaissance est passionnée (421).

 22ET ce qui s'attache à chaque objet détaché, comme s'il était le tout, sans raison et sans compréhension de la réalité, sache que cette connaissance bornée est née des ténèbres.

 23UNE action qui est prescrite, qui est accomplie par quelqu'un qui ne convoite pas le fruit, libre de tout attachement, sans passion et sans répulsion, cette action-là est pure (422).

24MAIS une action faite par quelqu'un qui est plein de désirs, ou bien accomplie avec égoïsme ou avec beaucoup d'efforts, cette action-là est passionnée (423).

 25UNE action entreprise par ignorance, sans pensée donnée à la capacité et aux conséquences, aux pertes et aux dommages pour les autres, cette action là est des ténèbres. 

26CELUI qui accomplit une action, libre de tout attachement, et d'égoïsme, plein de fermeté et de courage, ne changeant ni dans le succès, ni dans le revers, ce agent-là est pur (424).

 27CELUI qui fait une action avec passion désirant en obtenir le fruit, cupide, prêt à nuire et impur, poussé par la joie ou la douleur, celui-là est un agent passionné.

28L'AGENT qui est discordant, vulgaire, obstiné, malhonnête, rusé, paresseux, désespéré, stupide, cet agent-la est des ténèbres (425).

 29LA division de la Raison et de la volonté est aussi triple, suivant les qualités. Ecoute leur description séparée et détaillée, ô Danânjaya(426).

 30CETTE Raison qui connait l'énergie et l'abstinence, ce qui doit être fait et ce qui doit être évité, la crainte et le courage, ce qui lie et ce qui délivre, cette Raison-là est pure, ô fils de Prithâ.

 31CETTE Raison par laquelle on comprend vaguement ce qui est juste ou injuste, ce qui doit être accompli et ce qui doit être évité, cette raison-là est passionnée, ô fils de Pritha (427).

 32CETTE Raison, qui enveloppée de ténèbres, prend le mal pour le bien et intervertit toutes choses (428), cette raison-là, ô fils de Pritha, est des ténèbres.

33LA volonté inébranlable (429) par laquelle au moyen du Yoga, on maîtrise l'activité du mental, des souffles de vie et des organes des sens, cette volonté est pure, ô fils de Pritha .

 34MAIS la volonté qui, ô Arjuna, par l'attachement au fruit se cramponne au devoir, au désir et à la richesse, cette volonté, ô fils de Prithâ, est passionnée

 35LA volonté qui, par stupidité, n'abandonne pas le sommeil, la crainte, la douleur, le désespoir et aussi la vanité, cette volonté-là, ô fils de Pritha, cst des ténèbres (430).

 36ET maintenant, ô taureau des Bharatas, écoute quelles sont les trois espèces de plaisirs. Le plaisir qui devient joie en durant et qui met un terme à la souffrance,

 37QUI d'abord est pareil au venin, mais qui devient à la fin semblable au nectar;

ce plaisir-là est pur, il est né de la connaissance paisible du Soi.

 38LE plaisir qui, naissant de la satisfaction des sens, est d'abord pareil au nec-

 39LE plaisir qui avant et après est un égarement du Soi, car il naît du sommeil, de l'indolence et de la paresse, ce plaisir-là est des ténèbres (43l).

40IL n'y a rien sur terre ou au ciel parmi les Etres radieux, qui soit libéré de ces trois qualités, nées de la matière.

 41LES devoirs des Brahmanes, des Kshattryas et des Shudras ont été répartis, ô vainqueur de l'ennemi, selon les qualités nées de leur propre nature.

 42LA sérénité, la maitrise de soi, l'austérité, la pureté, le pardon et aussi la droiture, la sagesse, la connaissance, la foi en Dieu, tels sont les devoirs du Brahmane, nés de sa propre nature (432) .

 43LA vaillance, la splendeur, la fermeté,l'adresse et l'illtrépidité au combat, la générosité, la nature du leader, tels sont les devoirs du Kshattrya, nés de sa propre nature (433). 

44LE labourage, le soin des troupeaux et le négoce, sont les devoirs du Vaishya, nés de sa propre nature. Quant au devoir du shudra, né de sa propre nature, c'est le service

 45L'HOMME atteint la perfection en accomplissant avec ferveur son propre devoir (434). Écoute comment celui qui accomplit son Dharma atteint la perfection.

 46EN accomplissant son propre Dharma, l'Homme adore l'Éternel et atteint la perfection (435).

 47LE devoir le plus humble, s'il est notre Dharma, vaut mieux que le devoir bien accompli d'un autre. Celui qui accomplit le Dharma prescrit par sa propre nature, ne commet pas de péché.

 48.- Le devoir naturel (436), ô fils de Kuntî, même s'il est imparfait, ne doit pas être abandonné. En vérité, toutes les œuvres sont enveloppées d'imperfection, comme le feu par la fumée.

 49CELUI dont la raison est parfaitement détachée, dont le soi est affranchi de tout désir, celui-là va par le renoncement à la suprême perfection de la libération de toute obligation(437).

 50APPRENDS de Moi, ô fils de Kunti, comment celui qui a atteint la perfection, obtient l'Éternel, cet état de sagesse suprême.

 51S'ÉTANT uni à la Raison, purifié, maîtrisant le soi par la volonté, détaché du son et des autres objets des sens, affranchi de la passion et de la haine,

 52PRATIQUANT la solitude et l'ascétisme, maîtrisant la parole, le corps et le mental, constamment fixé par la méditation dans le Yoga, prenant refuge dans le détachement

 53REJETANT l'égoïsme, la violence, l'arrogance? le désir, la colère, la cupidité, avec l'aide de Ma grâce (44O) tous les obstacles; mais si par égoïsme tu ne veux pas entendre, tu périras.

 54EN devenant Brâhman (439), serein dans le Soi, il ne s'afflige ni ne désire; le même envers tous les êtres, il obtient la dévotion suprême pour Moi

 55PAR la Dévotion il Me connaît dans Mon essence Il sait qui Je suis et ce que je suis. Ayant ainsi appris à Me connaître en vérité, il entre aussitôt dans le Suprême 

56CELUI qui prend refuge en Moi, quoiqu'il accomplisse sans cesse des actions, obtient la demeure éternelle, impérissable.

 57RENONÇANT mentalement à toutes les œuvres concentré sur Moi, t'adonnant au Yoga du discernement, aie ta pensée toujours fixée sur Moi.

 58EN pensant à Moi, tu surmonteras avec l'aide de Ma Grâce (440) tous les obstacles;

 59MURÉ dans l'égoïsme, tu dis : « Je ne veux pas combattre ». Ta résolution est vaine: la nature t'y contraindra.

 60Ô fils de K-untî, étant lié par ton propre dharma, né de ta propre nature, tu seras obligé inévitablement (441) d'accomplir ce que par ignorance tu ne désires pas faire

 61LE Seigneur réside dans le cœur de tous les êtres, ô Arjuna, et par le Pouvoir de la Mâya, il pousse les êtres à se mouvoir, comme s'Il tournait la roue du tourneur.

 61DE tout ton être prends en Lui un refuge, ô Bhârata; par Sa grâce tu obtiendras la paix suprême, la demeure éternelle.

 63JE t'ai révelé la sagesse plus secrète que le mystère lui-même(442). médite longuement et agis selon ce que tu auras entendu.

 64ÉCOUTE encore Ma parole suprême, la plus secrète de toutes; car tu es Mon bien-aimé (443), tu es ferme de cœur, et Je vais parler pour ton bien.

 65PLONGE ton mental en Moi, sois mon serviteur fervent, consacre-toi à Moi, adore-Moi et tu viendras a Moi. Je te donne cette promesse, car tu m'es cher.

 66LAISSE tous les devoirs (444) viens a Moi comme refuge; ne t'afflige pas, Je vais te délivrer de tous les péchés.

67Tu ne dois jamais répéter cela à quelqu'un qui n'est pas maîtrisé ou qui est sans dévotion, ou bien encore à quelqu'un qui ne désire pas écouter ou qui parle mal de Moi.

 68CELUI qui, plein de dévotion parfaite pour Moi, va révéler ce mystère suprême parmi Mes fidèles, celui-là assurément viendra à Moi.

 69IL n'est personne parmi les hommes qui accomplisse pour Moi un service plus précieux et nul ne peut M'être plus cher sur terre que lui (445).

 70ET celui qui va étudier cet entretien sacré que nous avons eu, celui-là va M'adorer par le sacrifice de la sagesse. Telle est Ma pensée.

 71ET l'homme qui, plein de foi, l`aura seulement écouté avec bienveillance, sera affranchi du mal, et obtiendra les mondes radieux des justes.

 72Ô fils de Prithâ, as-tu écouté cela d'un esprit concentré ? Ton erreur, causée par l'ignorance, a-t-elle été détruite, ô Dhananjaya ?

ARJUNA dit:

73MON illusion, mon erreur est détruite. J'ai acquis par Ta grâce (446) la connaissance, ô Immuable! Je suis ferme, mes doutes se sont dissipés. J'agirai selon Ta parole. 

SANJAYA dit :

74J'AI entendu ce merveilleux entretien de Vasudéva et de la grande âme, le fils de Pritha, entretien qui a fait mes cheveux se dresser sur la tête.

 75PAR la faveur (447) de Vyâsa j'ai entendu ce mystère et le suprême Yoga du Seigneur du Yoga, Krishna Lui-même, parlant devant mes yeux.

 76Ô Roi, chaque fois que je me rappelle ce merveilleux et saint entretien, entre Keshava et Arjuna, j'éprouve une joie toujours nouvelle.

 77ET chaque fois que je pense à cette merveilleuse forme de Hari, grande est ma stupeur, ô Roi, et je me réjouis de nouveau.

 78PARTOUT où est Krishna, le Seigneur du Yoga, partout où est l'archer, le fils de Pritha, là aussi sont assurés la prospérité, la victoire et le bonheur: Telle est ma pensée.

 Telle est, dans les glorieuses Upanishads de la Bhagavad-Gîtâ, la science de l'Éternel, l'écrit du Yoga, le dialogue entre Shri Krishna et Arjuna, le dix-huitième entretien intitulé : LE YOGA DE LA LIBÉRATION PAR LE RENONCEMENT

 

 Ainsi se termine la Bhagavad-GÎTA

Sarva Mangalam

 

 PAIX A TOUS LES MONDES !

 

 

  NOTES DU TRADUCTEUR

 

(I) Le roi aveugle.

(2) Kuruk

shétra, le champ de Kuru. Le roi Kuru a eté l'ancêtre des deux familles qui sont en guerre. Il était un sage, et s'adonnait à des exercices mystiques sur le champ qui portait son nom. Il se trouvait près du Delhi moderne. Le champ s'appelle aussi Brahmakshetra.

(3) Le cocher de Dhritarâshtra, qui raconte au roi aveugle ce qu'il voit se passer sur le champ de bataille. on sait que le cocher (suta) était souvent un poète, un chantre et quelquefois un voyant. Grâce à un don de Vyâsa, Sânjaya est voyant.

(4) Fils de Pàndu.

(5) Le méchant fils de Dhritarâshtra, grâce auquel la guerre a éclaté.

(6) Drona, qui avait été le précepteur des jeunes Kurus et des Pândavas.

(7) Drishthndyumna.

(8) Un des frères d'Arjuna; les deux autres sont Nakula et Sahadeva .

(9) Yuyudhana, héros des Satvatas, une branche des Sada-vas, Virata est le roi de Matsya; Drupada est le roi des Soma

(l0) Rois et Héros; Sbuhadra est le fils d'Arjuna

(11) Oncle d'Arjuna, qui a élevé les fils de Pându.

(12) Roi des Anyas, fils de Surya et de Kunti.

(13) Roi belliqueux élevé à la cour des Kurus, Santanu.

(13 a) Fils de Drona.

(13 b) Frère de Durgodhana.

(14) Bhishma.

(15) Littéralement: coquillages. Les Hindous en usaient en guise de cors.

(16) Epithète de Krishna. Litt.: qui apporte le renouveau, le printemps.

(17) Arjuna.

(18) Hrishikesha ou Keshava, le chevelu, est une épithète de Krishna; Dhananjaya, conquérant des trésors, est une épithète d'Arjuna.

(I9) Vrikodara, " terrible comme un loup ", est une épithète de Bhîshma.

(20) Les conques des autres frères d'Arjuna s'appelaient victoire infinie " ton de miel " et " fleur de perle ".

(21) Epithètes de Vishnu" immuable"; elle est donnée à Krishna .

(22) épithète d'Arjuna, allusion à la forme de sa coiffure Se traduit aussi comme " celui qui sommeille ".

(23) Descendant de Bhârata.

(24) Fils de Pritha, la mère d'Arjuna; elle s'appelait aussi Kuntî; de là Kunteya, fils de Kuntî.

(25) L'arc d'Arjuna, un don du dieu Agni.

(26) " Chevelu ", épithète de Krishna.

(27) "Conquérant des vaches ", épithète de Krishna.

(28) Le vainqueur de Madhu.

(29) Le vainqueur des hommes, vainqueur du mal, épithète de Vishnu donnée à Krishna.

(30) Encore une épithète de Krishna, " qui apporte le renouveau "

(31) Le Dharma de la famille, c'est-à-dire ses devoirs et aussi ses coutumes et ses rites religieux.

(32) Litt.: toute la famille tombe dans l'Adharma, le contraire du devoir, la licence et le désordre F. Lorinser le traduit par ." Unheiligkeit " (Unheilgkeit durehdringtden ganzen Stamm). Quant au Dharma, il le traduit par " Recht ", le droit, la loi. Sénart traduit ce Çloka ainsi: " la famille détruite, c'est la fin des devoirs familiaux imprescriptibles; ruiné le devoir, le désordre envahit la famille entière ".

(33) Descendant de Vrishni, ancêtre d'Arjuna

(34) C'est-à-dire grâce à la confusion des castes, on oublie les ancêtres, et privés de prières, ils souffrent.

(35) Litt.: le Yoga du désespoir d'Arjuna. E. Sénart traduit: a Angoisse d'Arjuna ".

(36) Conquérant des ennemis.

(37) Dharma.

(38) E. Sénart traduit " Dussè-je obtenir la souveraineté prospère, incontestée sur terre? voire le rang de maître des cieux ".

(39) Suras, esprits de lumière.

(40) Titres de Krishna; Hrishikesha veut dire " maître des sens, Govinda a conquérant des vaches ", un des titres d'Indra.

(41) Litt.: " tu te lamentes D. F. Sénart traduit: " tu t'apitoies là où la pitié n'a que faire, et tu prétends parler raison ".

(42) Burnouf traduit: " Nous sommes toujours, sans fin et sans commencement ". E Sénart traduit: " Jamais, dans l'avenir, ne viendra le jour où les uns et les autres nous n'existions pas ".

(43) La doctrine de la réincarnation est ici nettement exprimée.

(44) E Sénart traduit: " Les impressions des sens".

(45) Litt.: " le meilleur des hommes".

(46) Sénart traduit ainsi: " Indifférent à la peine et au plaisir ", mais le mot sanscrit " samam " veut dire littéralement "le même".- le même dans la peine et le plaisir, donc toujours équilibre.

(47) Sénart traduit: " pas d'existence pour le néant, pas de destruction pour l'être, de l'un à l'autre, le philosophe sait que la barrière est infranchissable ". Lorinser traduit: a Sein ist nicht des Nichtseiendem, und Nichtsein des Seienden, $ Kein ubergang vom Sein zu Nichtsein.

(48) Sénart traduit: Cela Far " trame de cet univers ". Cockburn-Thomson par cette phrase compliquée:" The suprême being is at the same time the efficient and material cause of the universe ".

(49) Litt. Incommensurable.

(50) Les (Çloka 19 et 20 se retrouvent dans la Kathopanishad, I.

(51) E. Sénart traduit: " Comme un homme dépouille des " vêtements usés pour en prendre des neufs, ainsi l'âme, dépouillant ses corps usés, s'unit à d'autres nouveaux ". Le mot sanscrit " dehi " veut dire littéralement: " L'habitant du corps ".

(52) Sénart continue avec le mot âme.. " elle est éternelle ".

(53) Dans Sankhya-Karika nous trouvons ce verset: " Le non . manifesté est la cause, car tout ce qui existe est avant la manifestation dans la Cause et après le retour dans cette Cause non manifesté et invisible " (Ishvara Krishna)

(54) Cette question revient souvent dans les Upanishads. quand il est question de la vie et de la mort.

(55) Dans la Kath. Up. il est parlé aussi du " miracle" , du - mystère du soi immortel.

(56) E. Sénart dit: " C'est merveille que personne la découvre (l'âme)

(57) Le devoir qui découle de notre degré d'évolution et de notre situation (caste). E. Sénart traduit: " devoir personnel ". Lorinser traduit: " Das eigene Recht betrachtend,... "

(58) Litt. " ta force ".

(59) E. Sénart traduit: "Quel malheur plus cruel ".

(60) Sankhya est une des six écoles de philosophie de l'Inde. Mais nous croyons qu'il ne s'agit pas de l'école même, mais de sa tendance générale. Le Sankhya et le Yoga sont opposés - comme théorie et pratique, effort de la raison et effort moral et spirituel. C'est ainsi que le comprend P Dussen et E. Sénart se range au même point de vue (voir la note I p. 53. Lorinser emploie les expressions: a Vertiefung $ et a Ubung $, qu'il oppose à la spéculation pure. Pour lui, le yoga est surtout une introspection "; Insichgekehrheit ". E. ;Senart emploie cette jolie expression: "Je t'ai exposé la doctrine dans l'ordre du sankhya, écoute-là maintenant dans I'ordre du yoga".

(61) Loi de la causalité ou des effets et des causes, par lesquels l'homme s'attache aux renaissances.

(62) Litt.: d'une grande crainte.

(63) Cockburn Thomson fait ce commentaire: " In wordly actions the obJects are as many as our desires"

(64) Litt.: "hors de là rien ". Allusion à la doctrine du Purva-Mîmâmsa, comprise d'une façon orthodoxe et bornée

(65) Voir Kath. Pu., II, XXIV.

(66) Raison illuminée (Buddhi), qui est souvent appelée Raison déterminée, c'est-à-dire ayant la certitude intuitive qui manque à la raison concrète.

(67) Litt.: samadhi, état exalté de la conscience, auquel on arrive par la concentration et la contemplation.

(68) Burnouf dit: a on trouve les trois qualités dans les Vedas. Ne sois pas double, ne sois pas triple, Arjuna. o Plus loin, il a cette belle expression: " Que ton âme ne partage pas. v E. Sénart dit: " Affranchis-toi du domaine des Gunas. " Nous avons préféré l'expression même employée en sanscrit " sois part delà les paires d'opposés. " Burnouf dit encore: " Qu'elle soit (l'âme) maîtresse d'elle-même. Dans ce Çloka, nous avons le mot Atmâ (Soi) employé dans le sens supérieur (le Soi Divin), tandis que dans le paragraphe 43 il a été employé dans le sens inférieur. C'est pourquoi nous l'avons écrit par une minuscule la première fois et par une majuscule la deuxième. Voir le ch. " Essence de la Gîta "(1) E. Sénart dit dans le paragraphe 43: " Maître de toi ", laissant tomber le mot dans le paragraphe 43, mais il nous semble de toute importance de bien établir l'opposition d états de conscience totalement différents dont il est question la doctrine de l'Ame étant à la base de tout le poème.

(69) Thomson et Lorinser voient dans ce verset une indication d'user des Védas avec raison et sagesse, sans s'attacher à la lettre. E. Sénart interprète: " Un brahmane éclairé fait son profit de tous les Védas. " Il nous semble que le vrai sens du çloka est que la lumière qui nous vient par les Ecritures Saintes devient inutile lorsque l'homme est capable de la percevoir directement, car il est alors lui-même une partie de cette lumière.

(70) E. Sénart traduit: " Le Yoga est indifférence" . Lorinser traduit: " Gleichmuth Vertiefung wird genaunt. "

(71) Buddhi, raison illuminée par le principe supérieur. C'est pourquoi nous l'écrivons par une majuscule. Lorinser dit: " Im Geiste suche Hilfe dir ". Par contre E. Sénart dit: " C'est dans la pensée qu'il faut rechercher refuge ". Cela ne rend pas l'original. (72) Burnouf dit: " L'homme qui s'applique à la méditation, se dégage ici-bas des bonnes et des mauvaises actions )). Mais la méditation n'est qu'un moyen. E. Sénart parle de " détachement".

(73) E. Sénart dit: " Le Yoga est, dans les actes, la perfection (74)Burnouf dit: Les hommes d'intelligence ", Schlegel . " Mente devote ", Lorinser : " Die Geistige, Vertiefte " E Sénart: " Les sages qui ont réalisé le détachement intérieur"

(75) Allusion aux Ecritures et à l autorité extérieure. Burnouf traduit: "Tu parviendras au dédain des controverse"

Litt. c est l indifférence "

(76) Kath. Up., II, 2'7; SV. Up. III, 4 8; Mund. Up., I, II,

(77) E. Sénart traduit: " Homme en possession de la sagesse )1. Litt.: stable, ferme d'esprit

(78) Lorinser traduit: " Zufrieden mit sich selbst wird er fest in Weisheit genannt )". E. Sénart dit: " Qu'il trouve satisfaction en soi et par soi ". Pour nous, il est évident qu'il s'agit ici du Soi divin. C'est pour cela que avons décrit le Soi par une majuscule.

(79) E. Sénart traduit: " Libre d'attachement, de colère et de crainte, l'ascète est en possession de la lumière" . En sanscrit, muni = saint, ascète.

(80) Dr .A. Besant traduit: " I he understanding is well poised ". En sanscrit: " prajña ".

(81) Matpara: " sur Moi ". E. Sénart traduit: " sur son moi ", ce qui change le sens

(82) Litt. : contrôlé, maîtrisé. Nous sommes ici en présence des 2 sois

(83) E. Sénart dit: " Dans l'esprit pacifié ". Lorinser: Heiterkeit " ,

(84) E. Sénart traduit: " Pas de vérité sans Yoga, sans Yoga pas de méditation... ". Lorinser dit: " Fur den nicht Vertieften kein $rstand, noch Sammlung des Geistes ". Burnouf dit simplement: " Il ne peut méditer)". Dr A. Besant traduit: " There is no pure Reason for the non-harmonised, norfor the non-harmonised is there concentration; for him without meditatlon there is no peace... c. E. Sénart remplace le mot " paix " par " repos ". Lorinser de même (Ruhe). Dans ce çloka, on voit que la première condition est l'illumination du mental, sans laquelle le travail du yoga ne peut être accompli. Il est donc important de garder l'expression Raison pure (Raison illuminée). Elle est nommée pure, étant purifiée de l'élément égoïste et passionnel.

(85) En sanscrit, nous avons les mots " manas" et "prajña ".

(86) Litt.: "( sur les eaux ".

(87) Burnouf traduit: " la raison est affermie ". E. Sénart ." la sagesse est solide ".

(88) Litt. " le muni voyant" Burnouf traduit: " le clairvoyant solitaire" . E. Sénart dit: ". le temps de l'éveil ", et plus loin: " ce qui aux autres êtres est la veille, est la nuit pour l'ascète qui voit ". Voir les passages parallèles dans les .Upanishads: Kath. Up., V, 8; Chand. Up. IV. Prasn. Up. IV, 2, 5.

(89) Cette image se retrouve dans les Upanishads: Prasn. UD. VI, 5 $Lorinser emploie l'expression " einstromen J) et $( sich verlieren ". E. Sénart dit: ". non pas celui qui cède à l'attrait du désir ". Littéralement: " celui qui désire les désirs ".

(90) Litt.: marche.

(91) Litt.: sans désir, sans " mien " (c'est à moi), sans égoïsme.

(92) Litt.: " atteint la paix ". E. Sénart dit: " entre dans le repos" . (93) Litt.: plus de trouble, de confusion.

(94) Litt.: atteint le Nirvâna de Brahman. E. Sénart traduit: " atteint la délivrance en Brahman ". Lorinser dit: (( wird in Brahma aufgelost $ urnouf traduit: " va s'éteindre en Dieu ". Thomson Cockburn: "He passes on to extinction in the suprême Spirit ". Shroeder: " Der wird in Bhraman ganz vergehn )). Nous attirons l'attention sur ce passage, car il ne s'agit pas d'extinction ou de dissolution, mais d'un état d'âme extrêmement exalté, exprimé par le mot Nirvâna. En sanscrit: il atteint le Nirvâna (Nirvâna ricchiati). Il est important de noter cela pour ne pas tomber dans l'erreur trop commune en occident, qui prend l'état Nirvanique pour une mort ou une extinction. Voir Mund. Up. III, 2J 6.

(95) E. Sénart traduit: " la pensée supérieure à l'action ", mais dans le texte, nous avons le mot " buddhi" , qui indique qu'il s'agit de la sagesse perçue par la raison illuminée.

(96) Burnouf dit: ." Que tes discours ambigus ". E. Sénart: " tes discours mêlés de vues contraires".

(97 Litt.: le meilleur, le chemin le meilleur.

(98) Litt.: sans péché. E. Sénart traduit: " Héros sans tache"

(99) Jnajna yoga et Karmayoga. Lorinser traduit: " Erkennender durch Denkubung; Vertiefter durch Werk$bung $.

(100) Les gunas, les trois qualités de la matière: tamas, inertie; rajas, passion; sattva, pureté, harmonie.

(101) Litt.: est appelé un hypocrite. E. Sénart traduit: " celui-là est dans la voie de l'erreur" .

(102) Litt.: $ qui l'emporte $.

(103) E. Sénart traduit: " La vie physique elle-même s'arrêterait en toi ". Burnouf dit: " Hormis l'oeuvre sainte, le monde est enchaîné par les oeuvres" . Peiper dit: " In Arbeit ist die Welt verflochten ". Lorinser: " Ausser opferwerken ist durche Werke blidend diese Welt ". Autrement dit: seul l'acte désintéressé ne nous lie pas.

(104) Prajapati, le Seigneur des créatures, le Dieu suprême dans l'époque Védique. Plus tard, il est remplacé par Brahma. Dans Manu, nous trouvons cette parole . " Brahma créa les Dévas et le Sacrifice Éternel ", car la création est le sacrifice de Brahma. Dans ce çloka, l'accomplissement des désirs est symbolisé par Kamaduk, la vache des désirs dont le lait est la satisfaction.

(105) Allusion à la tradition Védique, qui veut que l'Hindou commence sa journée par un acte de sacrifice et nourrisse un être vivant de prendre le premier repas lui-même (Voir Manu,

(106) Litt.: L'impérissable, la source de toute manifestation

(107) Symbole de l'évolution du monde.

(108) Ici Atmâ est employé de nouveau dans le sens supérieur. Devenu l'instrument de l'esprit pur, l'homme n'agit plus pour ainsi dire, c'est l'esprit qui agit en lui. E. Sénart dit: " l'homme qui ne cherche sa joie que dans l'âme et qui en l'âme et l'âme seule se rassasie, celui-là n'a rien à accomplir ". Lorinser croit qu'il s'agit d'inactivité (" Ungeschaftigkeit"

(109)Burnouf dit: " le but suprême $.

(110) Roi _ Rishi des temps anciens, roi de Mithila ou Vidéha. Ce verset fait penser à l'Evangile (Saint Jean, V, 57)

(111) Burnouf dit: " qu'il leur fasse aimer le travail )"

(112) Voir saint Jean, VIII, 12$ et saint Matthieu, XVI, 24.

(113) Les gunas.

(114) Adhyàtma. Voir Çaet. Up. 6, 4. Lorinser emploie le mot " des hôchste Geist ". (In mir ablegend jedes Werk, nur denkend an den hôchsten Geist)

(115) Burnouf dit: " Dégagé du lien des oeuvres ". Ici l'appel à la foi et à l'amour rappelle l'Evangile (saint Jean, VIII, 51;

(116) E. Sénart dit: " Ce sont nos ennemis (Voir Rom., VI 2; Jacques. 1, 14-15; Rom., VIII, 7).

(117) Descendant de la tribu des Vrishis.

(118) La qualité passionnelle, le désir du mouvement et du changement.

(119) Voir les Upanishads. Kath. Up. Ceci, le monde manifesté, est opposé à cela, la source réelle de toute manifestation.

(120) Sénart traduit: "Il égare l'esprit ".

(121) L'esprit Immortel, Atma. Lorinser n'a pas compris ce passage et a pris Lui pour ennemi de l'homme (der Feind).

(122) Nom du Manu de la IVème race; Manu le guide de la Véme race; Ikshvnku, son fils, est le premier roi de la dynastie solaire, dont doit naître le Manu de la race future. Il se nomme . Vivastat veut dire soleil ou héros solaire. Ce çloka fait allusion à une tradition immémoriale, qui est transmise d'un Manu à l'autre, comme une révélation.

(123) Rois Rishis.

(124) Bhakta.

(125) Arjuna ne comprend pas encore que Krishna parle de Lui-même comme de Vishnu.

(126) Krishna parle de ses incarnations avec Avâtar de Vishnu. Dans les Purânas, il est question de 22 Avatars.

(127) Litt.: " par le pouvoir de Ma Mâyâ ", c'est-à-dire le pouvoir de la Pensée, qui produit les formes; celles-ci sont transitoires et par conséquent moins réelle que le pouvoir qui les produit. C'est pourquoi Mâyâ est considéré comme le pouvoir de produire l'illusion.

(128) En sanscrit, le " Dharma " s'oppose à "adharma " devoir et son absence.

(l29) Doctrine des Avatars et des Boddhisattvas (Voir Çvet. Up. $'I, 6).

(130) E. Sénart traduit: " Ma naissance comme Mon oeuvre est divine ".

(131) Thomson dit: " They entermybeing D Burnouf: Se sont unis à Ma substance ". E. Sénart: " se sont fondus en Mon être ". Dr. A. Besant traduit: Freed from passion, fear and anger, filled with Me, taking re$uge in Me, purified in the fire of Wisdom many have entered into My being " (Voir Saint Jean, XVII}, 3; Çvet. Up. VI, 6).

(132) Proclamation que par toutes les voies on peut arriver à Dieu si on Le cherche sincèrement. Il vient à notre rencontre dans toutes les religions.

(133) Dévas (anges et archanges).

(134) Krishna s'identifie avec Brahmâ qui, suivant la tradition, a institué les castes. I1 est intéressant qu'il est question de qualités avant tout et que les fonctions ont toutes une base psychologique. Dans le code de Manu, il est dit que Sattva (l'harmonie doit prédominer dans la caste des Brahmanes, sattvararajas (harmonie et passion) dans celle des Kshattryas; Rajas-Tamas ( passion inertie) dans celle des Vaïshyas;.Tamas dans celle des Shudras. Et les devoirs sont énumérés de la façon suivante: a) (brahmanes): instruire, étudier, sacrifier, donner et recevoir; b) (Kshattryas): protéger, donner, étudier, sacrifier; c) (Vaïshias): protéger (le bétail), donner, sacrifier, produire, labourer, étudier aussi; d) (Shudras): obéir, servir. Voir à ce sujet le chapitre de la thèse: Rôle de la Bhagavad Gîta dans le mouvement religieux de l'Inde.

(135) Burnouf dit: $ la marche de l'acte est difficile à saisir $. Lorinser: .t Verbogen ist des Werkes Gang D. E. Sénart: a tout en agissant sans restriction, il reste fidèle au Yoga ".

(136) Litt.:équilibré.

(137) E. Sénart dit: " les gens sensés le considèrent comme un sage ".

(138) Litt.: un refuge

(139) Burnouf dit: " n'accomplissant l'action qu'avec son corps " . E. Sénart: " n'accomplissant que matériellement les actes ". La nature agit, l'esprit est témoin (Voir saint Luc, XIV, 33).

(140) Les Gunas.

(141) Celui qui est délivré.

(142) C'est-à-dire les chaînes formées par les actions intéressées.

(143) Voir ép. Rom., XII, I; Pierre, I, 2-5; Eph. V,.

(144) Litt.: feu allumé par la Sagesse.

(145) Litt.: ceux qui ont prononcé des voeux.

(146) Litt.: les lectures silencieuses.

(147) Science de la respiration.

(148) C. Thomson dit: " They sacrifice life in their life . Burnouf: "ils offrent les choses mêmes de la vie dans le sacrifice qu'ils en font ". Lorinser dit: " Leben im leben opfern auf "

(149) E. Sénart traduit: " En la connaissance se résolvent, ô fils de Pritha, tous les actes du sacrifice ".

(150) La connaissance dont il s'agit est plus que le savoir ordinaire, c'est le savoir du sage, la sagesse (Voir saint Jean,VI - 51

(151) Litt.: tombant aux pieds du guru.

(152) Application à l'étude.

(153) Lorinser dit: " In dir und dann in Mir ". E. Sénart: ". en toi-mème, puis en Moi ". Lorinser croit qu'il s'agit ici de clairvoyance. C. Thomson parle du lieu des êtres qui est l'émanation du Seigneur ". Pour nous, il nous semble de toute importance de voir ici le Soi divin dans lequel nous sommes tous un, et étant un dans l'esprit, nous pouvons nous unir à Dieu. Le Dr. A. Besant traduit: " By this thou willt see all beings without exception in the Self and thus in Me ". Ceci nous paraît le plus proche de l'original.

(154) Purification que donne la vraie connaissance.

(155) Voir Kath. IJp. II.

(156) Le Soi Divin.

(157) E. Sénart traduit: " le repos ". Lorinser dit: "Ruhe " et commente ce mot, comme délivrance du joug des renaissances, mais la paix dont il s'agit (shanti) est celle du Nirvàna .

(158) Litt.: le soi de l'ignorant, la personnalité.

(159) Burnouf dit: " rendre à lui-même ". Thomson: " self possessed " et "ruled by self ".

(160) E. Sénart traduit: " armée de vérité ". Lorinser: " Erkentniss Schwert ". Thomson voit dans ce verset un appel au combat. Il faut noter cette expression remarquable: " le glaive de la sagesse du Soi" . Le glaive doit trancher l'ennemi: le doute. La sagesse est libre du doute, car elle est illuminée (Voir Eph. Vl, 17; Hébr. IV, 12).

(161) Sannyasi.

(162) Lorinser pense ici à Marthe et à Marie, la vie contemplative

de l'une, et la vie active de l'autre.

(163) Muni .

(164) E. Senard introduit ici le mot " âme ". Loringer: Geist" . Thomson: " Soul ". Burnouf dit: " vivant dans la Vie de tous les êtres . Cependant les deux sens du mot "âtmâ" demandent à être nettement opposés. Le Dr. A. Besant traduit textuellement, en signalant les états de conscience supérieure par une majuscule: " He who is harmonised by yoga, the self-puritied, Self ruled, the senses subdned, whose Self is the Self of all beings, although acting, he is not affected ".

(165) Image que l'on rencontre souvent dans les Upanishads (Voir Coloss. III, 17 et Corinth., 31).

(166) Le sens interne, qui devient le 6ème sens, comme le sens principal de perception.

(167) Le soi inférieur, la personnalité. E.Sénart laisse entièrement de côté ici le soi Il dit simplement: " purification intérieure " Lorinser dit: " Selbstreinigug ". Thomson voit dans la purification du corps une allusion aux cérémonies. Il traduit Manas par le coeur, erreur que fait fréquemment aussi Lorinser.

(168) C'est-à dire incarné dans le corps.

(169) Le corps est nommé " la cité de Brahma ". Les neuf porte sont les orifices. Dans Kath. Up. le corps est nommé la cité aux neuf portes.

(170) Litt.: émane.

(171) Voir I Petr. I, 14; II Cor. IV, 6.

(172) Lorinser dit: " Erkenntniss-Licht " pour la " Sagesse du Soi ". E. Sénart dit: " La connaissance de l'Atman ". Dr. A. Besant dit: " Verily, in whom unvisdom is destroyed by the wisdom of the Self, in them wisdom, shining as the sun, reveals the suprême ". C'est une image que l'on trouve souvent chez Çankara et dans les Upanishads.

(173) E. Sénart remplace Cela (Tatparam) par elle (l'Entité suprême).

(174) E. Sénart traduit: " l'esprit est fixé dans l'impassibilité parfaite" Voir (Çvet. Up., IV, 15-17). Nous traduisons Brahman par l'Eternel.

(175) Raison illuminée, Buddhi, c'est pourquoi nous l'écrivons par une majuscule.

(176) Litt.: sans tourment, sans souci.

(177) Celui dont le Soi n'est pas attaché aux contacts extérieurs. Ici le mot Soi est employé trois fois dans le sens de Soi divin. Il faut avoir trouvé son Soi Supérieur pour s'unir avec le Soi Suprême.

(178) Fils de Kuntî.

(179) Voir Jacques, I, 12.

(180) Dans le texte: il atteint le niveau de Brahman (Voir Prasna Up. IV, 21).

(181) Rishis.

(182) Le Nirvâna de Brahman. Burnouf traduit: "aspirant au bien de tous " par " se réjouissant du bien de tous ". E. Sénart dit: " Ceux qui ne se passionnent que pour le bien de tous les êtres ".

(183) Manas, intellect et Buddhi, Raison illuminée. E. Sénart traduit: " Le Sage qui, dompté dans ses sens, dans sa conscience et dans la pensée..." (Voir Kath. Up., Vl, 14, 15).

(184) Cette épithète: " l'Ami de toutes les créatures" paraît étrange à Lorinser. Il est étonne de trouver cette parole dans une religion qu'il appelle "panthéiste " (dans un sens très borné et inexact, du reste) et croit à un emprunt aux Evangiles. Il cite Saint Jean, XV, 14-15 (voir saint Jean, XIV, 21).

(185) Le Sanyasi dans la forêt est exempt de tout rite.

(l86) E. Sénart traduit: " Pour s'élever au Yoga, l'action est l'arme du Sage; c'est l'inaction, quand il s'est élevé au Yoga ". Lorinser dit: " Ruhe". Mais il s'agit ni d'inaction ni de repos. mais d'un état d'âme paisible et harmonieux, qu'il faut appeler "Sérénité"

(187) Samkalpa, le désir de créer des formes, de faire des plans.

(188) Ce passage illustre d'une façon frappante l'opposition des deux sois. Lorinser traduit: " Des $enschen Freund die Seele ist, der selber sich durch sie besiegt ",. E. Senart dit: " C'est par soi-même que l'on se sauve et que l'on échappe à la perdition; l'homme est à lui-même son ami, à lui-même son ennemi ". Dr. A. Besant se tient strictement au texte et dit: " The Self is the friend of the self of him in whom the self by the Self is vanqu ished; but to the unsubdued self the Self becometh hostile as an ennemy " (Voir Math., XVI, 24-25).

(189) Voir II Cor. VI, 4.

(190) Litt.: de même.

(191) Herbe employée pour le culte.

(192) Lorinser dit: " Zur eignenen Reinigung ".

193) Litt.: " D'un regard qui ne voit pas ". Autrement dit: le yeux clos.

(194) Voeux de chasteté (Voir Çvet. Up., 1I. 7).

(195) Ici c'est le Soi divin, le Soi supérieur.

(196) Litt.: et où bien établi, etc...

(197) Litt.: par la fermeté.

(198) E. Sénart traduit: " toutes les fois que l'esprit remuant, mobile, prétend à s'extérioriser, chaque fois il faut le réfréner et le ramener en soi à la soumission " Mais l'original parle de ramener le mental au Soi supérieur. Par contre F. Lorinser prend le mental pour le coeur et dit: ". Bei sich selbst festhaltend das Herz ".

(199) Ici nous voyons le Seigneur dans un aspect personnel, Krishna est identifié avec Brahman (voir Iso. Up. Voir aussi Evangile Saint Jean, VI 56).

(200) Burnouf traduit: $ ferme dans le spectacle de l'unité $. Thomson dit: $ Intent on duty D. $e Çloka indique que l'on peut réaliser l'union divine aussi bien dans le monde que dans le désert.

(20l) C. Thomson dit: " By comparison with himself ". Lorinser: " Nach eingenlicher Ahnlichkeit " et plus loin: " alles identifizirt mit sich selbst ". Burnouf: " Instruit par sa propre identité ". E. Sénart traduit: " celui qui à l'image de l'Unité en Atman, voit que tout est identique ". Dr. A. Besant dit: " He who throuth the likeness of the self seeth equality in every thing... ". Il ne s'agit pas de s'identifier avec tout ce qui est, mais de comprendre l'identité du Soi Divin dans lequel nous sommes tous un. C'est la communion des Saints.

(202) E. Sénart traduit: " impassibilité parfaite )) qui selon lui embrasse l'idée philosophique du monisme et aussi l'indifférence du sage. Le mot ne nous semble pas bien trouvé dans ce verset. La sérénité impartiale du sage n'est pas indifférence.

(203) Lorinser dit: " Beweglicht ist das Herz ", confondant ainsi le sentiment avec l'intellect. Le coeur ne peut certes être comparé au vent, comparaison qui suit. E. Sénart traduit l'intellect par " l'esprit "., ce qui est inexact, oubli.

(204) Litt.: courber, la comparaison visant l'arc de l'archer difficile à tendre et à courber.

(205) E. Sénart traduit . " Guerrier aux grands bras ".

(206) opposition des deux Sois.

(207) E. Sénart traduit: " qui fait le bien ne saurait aller à sa perte ".

(208) Litt.: au delà de la parole de Brahma. E. Sénart dit fort bien: "dépasse la sagesse scripturale".

(209) Litt.: qui travaille avec persévérance (Voir Mund. Up.).

(2l0) Litt.: considéré, comme étant supérieur au sage. E. Sénart traduit: " le Yoga est supérieur aux oeuvres de sacrifice"

(211) Litt.: le plus équilibre, le plus harmonisé.

(212) Litt: de son Soi intérieur demeure toujours en Moi. Dans cet état, le yogi atteint la plus haute de toutes les connaissances: la connaissance du Seigneur

(213) Litt.: sans aucun doute entièrement. E. Sénart dit: "entièrement et sans nuage"

(2l4) Lorinser traduit: " Erkentniss und Verstandniss " (Voir Çvr. Up., I, 2 et la I Ep. Cor., I, 2).

(215) Voir les Evangiles: Math., VII, 14. Jean, I 1o. E. Sénart: "Me connaît en vérité".

(216) Ahankara. E Sénart traduit: "individualité" .

(217) Aspect sensible de l'Ame universelle. Prakriti, par laquelle Dieu se manifeste.

(218) E. Sénart traduit " âme vivante $.

(2l9) Image qui revient dans les Upanishads et dans Ankara

(220) Om, la syllabe sacrée.

(221) E. Sénart dit: " la pensée des êtres pensants" . Mais le mot du texte est "Buddhi" , raison pure.

(222) Dharma.

(223) E. Senart traduit: " tous les dérivés ".

(224) C'est ici la base de la doctrine de Mâyâ. Lorinser l'appelle le pouvoir magique "die Zauberliraft ".

(225) Voir Math., Xl, 28.

(226) Litt.: de justes.

(227) Voir les Évangiles. Luc, XIV, 23; .Jean, XIV, 21.

(228) Au Soi divin.

(229) Burnouf dit: " quelle que soit la personne divine qu'il a adorée, j'affermis sa foi en Dieu " E. Sénart: " Quelque forme divine qu'un fidèle dans sa foi souhaite honorer, c'est Moi qui inspire en lui cette foi inébranlable" . C. Thomson:" I make that faith constant ". C'est-à-dire Krishna prend pour Lui toute foi sincère.

(230) Burnouf dit: " Quelle que soit la personne divine qu'il adore, J'affermis sa foi en Dieu. " E. Sénart: " Quelque forme divine qu'un fidèle dans sa foi souhaite honorer, c'est Moi qui inspire en lui cette foi inébranlable". C. Thomson: "I make that faith constant. " C'est-à-dire: Krishna prend pour lui toute foi sincère, comme un don pur, et la récompense, en la rendant plus ferme et profonde. Le Seigneur regarde toujours à l'esprit et non à la lettre.

(231) Litt.: en adorant il obtient.

(232 E. Sénart dit: " les esprits à la courte sagesse"

(233 E. Sénart dit: " Mon essence transcendante, impérissable, suprême (Voir Mund. Up., I, I-$o; Jean, 1, 18).

(234) Litt.: que Je produis par mon pouvoir.

(235) Litt.: de la paire d'opposés.

(236) Litt.: libres de la paire d'opposés qui induit dans l'erreur.

(237) C'est-à-dire des naissances.

(238) Adhyâtma.

(239) C'est-à-dire à l'heure de la Mort (Voir Mund. Up., III)

(240) Dr. A. Besant traduit: " The Yoga of discriminative knowledge ", c'est-à-dire " de la connaissance douée de discernement )

(241) Adhyâtma.

(242) Le meilleur des hommes.

(243) Voir Chand. Up. III, 14-l.

(244) Cette expression fait penser aux l'Evangiles.

(245) Burnouf dit:" le saint noviciat". Brahmacharya. Voir Kath. UP. II, 15.

(246) Perte des sens.

(247) Sénart dit: " Brahman même en une syllabe".

(248) Yuga. grande période cosmique.

(249) Purusha l'Homme Céleste.

(250) C'est-à-dire l'univers.

(251) Allusion au corps astral, lunaire.

(252) Allusion aux deux voies: Pravritti Marga et Nivritti Marga, le chemin que l'on suit en plongeant dans la matière et celui que l'on prend en retournant vers l'Esprit.

(253) Litt.: toi qui ne blasphèmes pas. (Voir Math., VII, 6. Luc, Vlll, lo; I Cor. II, 6-7).

(254) Ct. Courmes traduit: " L'intuition donnée suivant le Dharma ". Thomson dit: " in accordance with religion " E. Sénart dit: " moyen de sanctification . (Voir Math., XI, 30)

(255) Litt.: " le monde de mort ".

(256) Lorinser traduit non-manifesté par " invisible : unsichtbar".

257) L)r. A. Besant dit: " My Self their efficient cause

(258) Akasha (Voir Jean, II1, 18).

(259) Période cosmique d'activité.

(260) En orient, on dit pour les règnes de la nature: " cc qui se meut, et ne se meut pas ". on ne dit pas: " ce qui est animé et non animé ", car selon la conception hindoue, tout est vivant (Voir Çvet. Up" IV, 4, lo).

(261) Voir Jean, I, lo et Philip., Il, 6-7.

(262 Les Mâhatmas (Voir Jean, VIII, 25).

(263 Voir Jean, V, 39; Mund. Up. ($ 6.

(264 Voir Jean, XIV, 6.

(265) Sat et Asat (Voir Math., V, 45; Çv. Up., IV, 2-4.

(266) Thomson dit: " when reward exhausted" .. E. Sénart: "que leurs mérites soient épuisés" ; (Voir Mund. Up., I, 20,. Çv. Up., IV, 8).

(267) Voir Actes, XVLI, 23.

(268) Retombent sur terre.

(269) Voir Mund. Up., III, I-lo; Jean, VI, 37.

(270) Voir Col., III, 17.

(271) Voir Jean, VI, 56 et XVII, 23.

(272) Voir Math., IX, 13

(273) Jean, III, 15.

(274) Rois, Rishis.

(275) Il s'agit ici du sacrifice mystique, du don de soi-même.

(276) T'étant ainsi équilibré dans le Soi.

(277) Voir Ev. Jean, XVII, 3; $v. Up., lV, 21.

(278) Litt.: la non-confusion, non-illusion.

(279) E. Sénart traduit: " naissance et destruction" .

(280) Burnouf dit: " Dont Je suis le distributeur" .

(281) Les 7 grands saints et les 4 kumaras à la tête de la hiérarchie céleste, les 4 fils vierges de Brâhmâ, selon la tradition hindoue. E. Sénart les confond avec les Manus, les Guides des races humaines, et traduit: " Les 7 Rishis et les 4 Manus procèdent de Moi ". Selon la doctrine hindoue, il y a eu 7 Manus de la race humaine.

(282) Litt.: dans leur essence.

(283) Litt.: il n'y a pas de doute à cela.

(284) E. Sénart traduit: " Ainsi c'est la conviction des sages à la conviction profonde ". Litt.: les sages transportés par le sentiment, l'émotion (Voir Çvet. Up., VL, 5).

(285) Burnouf dit: " Soupirant après Moi, m'offrant un sacrifice d'amour" . E. Sénart dit: " ils sont comblé et débordent de joie" Çvet. Up., VI, 3; Rom., XI. 36).

(286) E. Sénart traduit: " Je communique la force d'Esprit" par laquelle ils s'élèvent à Moi "(Voir Col., IIl, 11). Dans le texte, le mot " buddhi-yoga " est employé ce qui a trait au discernement. (287) Litt.: " Siégeant au coeur de leur Soi, par pure compassion pour eux, Je détruis avec le flambeau radieux de la sagesse les ténèbres nées de l'ignorance" . E. Sénart dit: " Je dissipe les ténèbres de l'ignorance à l'éclatante lumière de la vérité". Burnouf commence ce verset par: " Dans ma miséricorde ". Thomson: " on account of my compassion ". Dr. Besant dit: .( out of pure compassion for them, dwelling within their Self, I destroy the ignorance born darkness by the shining lamp of wisdom"

(288) Nârada, sage célèbre; et Devala, ancien rishi. Vyasa le compilateur des Védas, l'auteur de la Bhagavad Gîtâ.

(289) Demi-dieux légendaires.

(290) Litt.: a Les gloires de Ton Soi ". E. Sénart dit: " Tes manifestations" (Voir Ch. Up., III, XVII, 7; Çv. Up., III, 19).

(291) Litt.: en vérité T'entendre, c'est pour moi le nectar de l immortalité. Burnouf dit: " Ta parole dont je ne puis me rassasier " E. Senart: " Je ne puis me rassasier de l'ambroisie de ta parole

(292) E. Sénart dit: " Je suis l'âme qui a son siège dans tous les êtres " (Voir Apoc., 1, I7).

(293) E. Sénart dit: " parmi les sens, je suis le sens interne et entre les êtres l'esprit ".

(294) Yakshasas et Rakshasas, demi-dieux légendaires.

295) C'est-à-dire la prière du coeur.

(296) Maîtres de la sagesse.

297) être semi-humains.

298) Le lion.

299) E. Sénart fait ici cette licence poétique: "entre les theses contraires la vérité"..

(300) Litt.: le Soutien. E. Sénart dit " Moi, le créateur au visage innombrable ".

(301) Jean, 1, 3-4.

(302) Litt.: des mètres.

(303) E. Sénart dit: " Je suis la vertu des gens vertueux ".

(304) Arjuna.

(305) E. Sénart dit: " Il n'est pas un être anime ou inanimé qui puisse être sans moi ".

(306) E. Sénart traduit: "D'une seule portion de moi je porte éternellement tout cet univers ". Dr. A. Besant dit: " Having pervaded this whole universe with one fragment of Myself, I remain ". Ce Çloka est très important, car il exprime à la fois l'aspect transcendant et immanent de Dieu. A ce su jet Raj. Mitra dit: "This doctrine is not the absorp-tion of the infinite into the finite (God in nature), but of the finite into the infinite (nature in God) ".

(307) Litt.: "avec ces yeux qui sont tiens ". E. Sénart traduit : "Je te confère la vue divine ". 2. Ç$!. Up.. VI, 7-9. Math., IV, I r

(308) Nom de Vishnu, 2. aspect de Brahman.

(309) Fils de Pritha.

(310) Litt.: plein de miracles (Voir Apoc., XXI, 23).

(311) Litt.: de stupeur pénêtre (Voir Marc, VIII, 61).

(312) Dans le texte, il y a encore: " ni la source ".

(313) E. Sénart traduit: " répandant en tous sens l'éclat d'un brasier ardent, du soleil ".

(314) E. Sénart dit: a tu es, je sais, l'impérissable gardien de l'ordre permanent, l'éternel Purusha )).

(315) E. Sénart dit: " A la vue de ta forme merveilleuse et terrible, ô grand être, les trois mondes sont frappes d’épouvante ".

(316) Paix à tous les êtres, bénédiction.

(317) Noms des dieux, demi-dieux et démons.

(318) Litt.: " ayant rempli l'espace de Tes gloires, ô Vishnu, Tu embrases l'univers de Tes rayons brûlants ". E. Sénart dit: " Tes feux redoutables, ô Vishnu, brûlent l'univers qu'ils remplissent tout entier de leur splendeur ".

(319)Litt.: "je ne comprend pas ainsi ". E. Sénart dit: "je ne comprend pas ce rôle destructeur où je te vois ", mais les mots " rôles destructeurs " ne sont pas dans le texte.

(320) Litt.: l’instrument dans Ma main.

(321) Math., IV, 11.

(322) Litt.: Soi suprême. Dr. Besant traduit: " O loftiest Self" . E. Sénart dit:" Ô grand être! ".

(323) E. Sénart dit: " tu es l'objet et le sujet de toute science ".

(324) E. Sénart traduit: " Adoration a toi. et puis encore et encore, adoration, adoration à toi ! ".

(325) Litt.: sans limite.

(326) Litt.: que le Soi du Guru.

(327) Litt. coutumière, habituelle.

(328) E. Sénart dit: " le grand être rendit le calme au guerrier terrifié, en apparaissant derechef avec son air de bienveillance"

(329) Voir Pierre, 1, 12, et Mund. Up., III, 1, 8.

(330) Doctrine de l'amour, sans lequel il ne peut y avoir de vraie connaissance de Dieu.

(331) Voir Cvet. Up., lV, 30.

(332) Lorinser traduit: " Der unsichtbahre Weg ", (Voir Mund.

Up., II, 2-5).

(333) Dr. Besant dit: " Those verily who renoucing all

actions in Me and intent on Me, worship Me, meditating on

Me, whit wholehearted yoga". E. Sénart: " qui me servent en

concentrant dans ma contemplation tout leur effort ".

(334) Du Sâmsara.

(335) Voir Rom., VII, 24-25.

(336) E. Sénart traduit: " par l'effort d'exercices soutenus ",

(voir Coloss., III, 1).

(337) Ici nous avons le sol inférieur.

(338) E. Sénart dit: " patient jusqu'à l'indifférence au regard

de la souffrance et du plaisir ".

(339) E. Sénart dit: " son esprit et sa pensée ".

(340) E. Sénart traduit: " tendrement attaché ".

(341) Voir Luc, V, 11.

(342) Cela fait penser Lorinser aux Béatitudes (Math., V, 3-10 ) .

(343) C'est-à-dire Mes enseignements.

Dr Besant dit: " They verily who partake of this life-giving

wisdom as taught herein, endued with faith, I their supreme

object, devotees, thex are surpassingley dear to me ".

(344) Kshetra et Kshetrajna.

(345) Dans le texte ; dans les Brahma-Sûtras courts sophismes

d'une portée religieuse et philosophique, profonde. Leur auteur

est Badarayana.

(346) Ahankara.

(347) Buddhi.

(348) Les cinq organes de cognition et les cinq organes de

l'action, le mental et les objets perçus par les sens.

(349) E. Sénart traduit le non-manisfesté:" l'indéterminé " ,

et plus loin: " le sens central et les cinq domaines des sens ".

E. Sénart traduit " Buddhi " comme " le sens interne ". Mais

le 6° sens est toujours le mental dans la classification hindoue.

C'est la raison pure qui est Buddhi.

(350) Litt.: fermeté.

(351) L'expression " Sagesse du Soi et la compréhension de

ce qui est son essence " est caractéristique. E. Sénart traduit:

" la science de l'âtman et le vif sentiment du prix de la vérité,

l'ignorance en est le contraire ".

(352) Dans le texte: ce qui, lorsque cela est connu, donne

l'immortalité.

(353) Les Gunas.

(354) E. Senart traduit " jñâna " par connaissance. Dr. A. Besant dit: " That, the Light of all lights, is said to be beyond darkness;Wisdom, the object of Wisdom,by Wisdom to be reached, seated in the hearts of all ".

(355) Prakriti.

(356) Purusha. E. Sénart dit: même dans le corps où son seul rôle est d'être spectateur passif, d'observer, de percevoir, c'est le Purusha transcendant, celui qu'on appelle le maître souverain et l'Esprit suprême ". Dr. Besant dit: "Supervisor and permitter, supporter, enjoyer, the great Lord and also the supreme Self; thus is styled in this body the suprême Spirit".

(357) Ici les deux sois sont de nouveau en présence. E. Sénart pense à l'âme universelle au lieu du Soi Supérieur. Lorinser dit: " Durch Betrachtung in sich selbst sehen die Seele einiges sich selbst ". Dr. A. Besant traduit: "Some by meditation behold the Self in the self by the Self", ce qui rend textuellement l'original.

(358) E. Sénart dit: " Eux aussi, uniquement dirigés par la révélation, triomphent de la mort".

(359) E. Sénart dit: " Celui-là ne risque pas de se perdre lui-même".

(360) Burnouf dit: "l'âme demeure partout sans tache dans son union avec le corps".

(361) Burnouf dit: "Ainsi, l'Idée illumine toute la matière". Thomson dit: "one Soul illumines all the bodies".

(362) Le Kshétra et le Kshétrajna.

(363) Burnouf traduit: "Science sublime, la première science, dont la possession a fait passer tous les solitaires d'ici-bas à la béatitude".

(364) Jean, XII, 26, et Apoc., XX, 6.

(365) Voir Jean, I, l. (366) Burnouf traduit: " vérité, instinct, obscurité ". Lorinser: "Wesenheit, Leidenschaft, Dunkelheit ". Dr. Besant traduit: "Harmony, rythm, motion, inertia". Nous avons adopté la même nomenclature, comme rendant le mieux l'idée des trois qualités. E. Sénart traduit l'habitant du corps par l'Ame. A. Besant dit: "the dweller in the body".

(367) E. Sénart dit: Héros irréprochable. Il traduit l'attachement à la béatitude par "l’attrait du plaisir". Le mot sanscrit "sukham" , joie, bonheur, a certainement une portée plus élevée ici.

(368) L'inertie.

(369) Voir Manu, XII, 25.

(370) E. Sénart traduit: "Quand la connaissance, la lumière, pénètre dans les corps...". Mais l'idée du texte est que la sagesse rayonne, s'irradie du corps précisément par toutes les portes du sens (Voir Manu, XII, 31-32_XIII, 33.

(371) Voir Manu, XII, 27-29.

(372) Dr. A. Besant traduit: " unvisdom ". Burnouf dit: " de la vérité naît la science ".

(373) E. Sénart traduit "le voyant" par "le témoin": quand ce témoin (qu'est l'esprit) sait qu'il n'y a pas d'agent en dehors )" des gunas et "connaît celui qui est par delà les gunas, il s’élève jusqu'à Mon être ". Dr. A. Besant dit: "When the Seer perceives no agent other than the qualities, and Knoweth That which is higher than the qualities, he entereth into My Nature ".

(374) Amrita.

(375) E. Sénart dit: " Dans ce corps même, il dépasse les - trois gunas qui sont l'origine du corps". Burnouf dit: " franchir les qualités ".

(376) Litt.: Restant neutre.

(377) C'est-à-dire renonçant à leur fruit.

(378)Burnouf dit: " Dans l'union d'un culte qui ne varie pas". E. Sénart dit: " Et celui qui me sert avec une dévotion sans défaillance"

(379) Burnouf dit: " de la justice éternelle et du bonheur infini ". Il dit aussi: "Je suis la demeure de Dieu". E. Sénart dit: " de l'ordre éternel et du bonheur parfait ". Nous préférons garder le mot si caractéristique pour la doctrine hindoue: le "Dharma " (Voir Jean, 1, 1).

(380) Le figuier sacré, symbole de la vie spirituelle.

(381) E. Sénart dit: "Purusha de qui émane l'impulsion originelle ".

(382) Voir Kath. Up.V, 15; Çvet. Up., VI. 14; Mund. Up. II,

(383) Le Manas (Mund. Up., I1, 1, 1). E. Sénart dit: "le sens interne "

(384) E. Sénart dit: " Qu'il prenne possession d'un corps ou qu'il l'abandonne, Ishvara l'entraîne avec soi, comme le vent les odeurs d'un brûle parfums ". Et il commence ce verset ainsi: "Dieu, c'est-à-dire l'âme universelle intégrée, comme ordinairement ici, dans un Dieu personnel" Mais il s'agit certainement ici du Soi divin de l'homme et non de Dieu

(385) E. Sénart dit: " Il ne se découvre qu'aux yeux de la connaissance $.

(386) Les deux sois sont en présence. E. Sénart dit: "les hommes dénués de réflexion et de vie intérieure"

(387) Le Soma.

(388) Jean, V, 39. Çv. Up., V. 16.

(389) Dans le sens d'énergie divine.

(390)Çv.Up.,1,7;V.1.

(391) Çv. Up.. Vl, r3; Vl, 27.

(392) Eph., VI, 19.

(393) E. Sénart dit: "il ne lui reste plus rien à accomplir"

(394) Litt.: le yoga d'atteindre l'Esprit suprême (Purushottotama)-

(395) I. Cor., XIII, 4-7.

(396) E. Sénart dit: "Réjouis-toi, tu es marqué pour une destinée divine".

(397) E. Sénart dit: " Ni conscience, ni vérité". En sanscrit: "ni conduite juste, ni vérité ".

(398) Litt.: ces malheureux sois.

(399) E. Sénart dit: "Partant de cette erreur, ces êtres à l'esprit faible, funestes à eux-mêmes naissent malfaisants et pernicieux, pour le malheur de l'univers ".

(400) E. Sénart dit: " ils viennent, adonnés à des pratiques impures"

(401) Litt.: je suis jouisseur.

(4o2) Burnouf: " ils font un sacrifice nominal". E. Sénart dit: "ils offrent des sacrifices qui ne sont que formules vaines"

(403) E. Sénart dit: "Ils tombent au dernier échelon de la vie".

(404) Voir Math., V, 17.

(405) Litt.: la foi de l'incarné.

(406) Voir Math., VIII, 1 3

(407) Les gnomes sont les gardiens des trésors, ils sont adorés par ceux qui convoitent les richesses. Les géants sont grands de stature, ils sont l'objet du culte des orgueilleux.

(408) E. Sénart traduit l'innocence par "respect de la vie ". Litt.: " ahamsa" veut dire: " l'incapacité de nuire ou de faire mal à qui que ce soit, Deux fois nés, c'est-à-dire les sages, se dit aussi des brahmanes (Voir pour les 55 4/13 Rom., 14, 2 et I. Cor., IX, 13).

(409) Litt.: pureté de nature.

(410) Litt.: est déclarée de la nature ténébreuse.

(411) Voir Manu, II, 83; Kath. Up., Il, 15-16; Mund. Up., I.

(412) Litt. : ce qui est, le réel. par opposition à Asat, l'irréel.

(413) Litt. : le yoga de la division de la triple foi (Voir Rom., XIV, 23).

(414) Keshinisudana, vainqueur de Keshi. Les mots " sannyasiam" et " tyagam" sont difficiles à rendre. Nous avons traduit textuellement: "renoncement et abandon" Lorinser dit: " Verzichtung et Entsagung ". E. Sénart dit: " Détachement et renoncement ". Dr. A. Besant dit: " renunciation and relinquishment ".

(415) Burnouf traduit sages par " poètes et savants ".

(416) E. Sénart dit: la " réflexion", ne prenant Sankhya que comme un symbole.

(417) Burnouf dit: " les puissances directrices de l'intervention divine ". E. Sénart traduit: "le destin ".

(418) Burnouf dit: "Cela étant, celui qui, par ignorance, se considère comme l'agent unique de ses actes... ". E. Sénart dit: " les choses étant ainsi, celui qui est assez irréfléchi pour penser que l'âme en est l'agent indépendant, celui-là voit mal, 11 se trompe ".

(419) E. Sénart dit: " Dont la raison n'est pas troublée ".

(420) Burnouf dit: " la science de la vérité ".

(421) Kath. Up., IV, 14.

(422) Burnouf dit: " c'est un acte de vérité ". E. Sénart "cet acte procède du Sattva".

(423) Burnouf dit: " ou en vue de soi-même" .

(424) Burnouf dit: "est un agent de la vérité"

(425) Burnouf dit: " Qui est toujours prêt à s'asseoir et traîner en longueur... ". E. Sénart dit: "L'agent léger, d’instincts bas, arrogant, fourbe, malhonnête, paresseux, découragé et lent, celui-là procède du tamas "

(426) E. Sénart dit: Intelligence et volonté". Burnouf " raison et persévérance ".

(427) Burnouf dit: a Celui qui distingue confusément... est une raison instinctive ".

(428) Litt.: Ce qui doit être fait pour ce qui ne doit pas être et vice versa.

(429) Litt.: fermeté.

(430) Burnouf dit: "l'épouvante et la folie".

(431) E. Sénart dit: "l'égarement de l'âme". Burnouf dit : "un trouble de l'âme".

(432) Burnouf traduit, " la paix, la continence..." Il traduit sagesse par connaissance: "la science avec ses distinctions et la connaissance des choses divines ". Il omet la foi. E. Sénart dit: "le calme, la maîtrise de soi, l'ascèse... la connaissance, l'intelligence et la foi ".

(433) Burnouf dit: "la dignité d'un chef". E. Sénart: "l'exercice du pouvoir". Dans le texte, c'est littéralement " la nature d'un chef ".

(434) Le Dharma.

(435) Litt.: en adorant par l’accomplissement de son propre Dharma Celui dont procède l'émancipation des êtres, l'homme atteint la perfection.

(436) Indiqué par la naissance, "congénital" en anglais. E. Sénart dit: " il ne faut pas se dérober à l'acte, même s'il apparaît coupable ". Dr.A. Besant dit: "Congenital duty, o son of Kuntit though defective, ought not to be abandoned ". Ceci est textuellement exact.

(437) E. Sénart dit: " à la perfection suprême qu'est la suppression de l'acte ". Burnouf aussi fait fausse route, et dit: " arrive à la suprême perfection du repos", tandis qu'il s'agit de la délivrance de toute obligation, qui ne libère pas de l'acte .

(438) Litt.: sans le sentiment du mien.

(439) Sénart dit: "Identifié à Brahman".

(440) Burnouf dit: "tu le feras malgré toi-même".

(441) Burnouf dit: "par ma faveur ".

(442) E. Sénart dit: " le mystère des mystères".

(443) Litt.: tu es aimé grandement par Moi.

(444) Burnouf fait fausse route et dit: "Renonce à tout autre culte ". E. Sénart dit aussi: " Laisse là toutes les règles" Dr. A. Besant dit: "Abandoning all duties, come alone to Me for shelter".

(445) E. Sénart dit: "grâce à toi". Mais c'est " l'idée de la grâce " que le texte met ici en évidence.

(446) Voir Jean, XIV, 21. (447) Litt.: grâce.